Alors que les accidents de la circulation continuent d’endeuiller des familles en région forestière, le transport mixte bat toujours son plein, au vue et au su des autorités. Et les conséquences sont désastreuses dans la circulation.

Interrogé par rapport à cette situation, le commissaire spécial adjoint de la police routière de N’Zérékoré, s’est insurgé contre cette pratique et a sollicité l’implication de la gendarmerie routière pour éradiquer ce fléau.
‘’Le transport mixte est bel et bien une infraction. C’est une infraction de la 3ème classe, selon l’article 22 du code de la route, qui est sanctionnée par une contravention de 300 000 GNF au trésor public. Cette pratique est devenue récurrente aujourd’hui, mais qui cause beaucoup de dégâts. S’il faut transporter les bagages et les personnes dans le même véhicule, c’est un désastre. Alors que dans la réglementation du ministère des transports même, il y a le transport en commun des personnes et le transport en commun des marchandises. On ne peut mettre les deux dans le même véhicule. C’est pourquoi, c’est une infraction qui est prévue et punie par la loi. Et comme les infractions sont classées en groupes, cette infraction, transport mixte, est de la 3ème classe, selon le code pénal en son article 68, toute infraction de la 3ème classe est sanctionnée par le paiement de 300 000 GNF ou plus’’, a laissé entendre Roger Kander Bangoura.
Selon lui, une synergie d’action entre deux services de sécurité routière est une solution adéquate.
‘’Nous commencerons d’abord par sensibiliser les personnes même, nos citoyens, de prendre soin de leur vie, de leur santé. Il ne faut pas qu’ils acceptent de voyager pour quelconque motif, dans un véhicule qui est déjà plein de bagages. Parce que les véhicules sont immatriculés différemment : transport en commun de bagages, transport en commun de personnes. Parce les usagers de la route, eux, leur souci, c’est comment avoir l’argent ? Qu’ils cherchent les yeux fermés. Quant à la vie de la personne humaine, ce n’est pas son problème. Il pense qu’il est protégé, il est exempte de toute catastrophe dans la circulation. C’est vrai qu’ils ne sortent pas pour commettre des accidents, mais leur imprudence ou la non-observation des prescriptions de la loi, fait qu’ils commettent des accidents. Parce qu’ils vont prendre plus de bagages qu’il n’en faut, pour un véhicule de 3 tonnes, de 4 tonnes, et prendre les passagers dessus.
Il est aujourd’hui un peu difficile pour nous la police routière qui s’occupe uniquement de la commune urbaine. C’est pourquoi, je vais faire appel de nos collaborateurs de la gendarmerie routière qui sont sur les points de sortie, de veiller sur ce fait. De faire déparquer tout passager sur les bagages. De dire à eux de retourner en ville pour chercher d’autres voitures, parce qu’il y a assez de voitures. Et généralement, ce sont des femmes, les commerçants qui vont dans les marchés hebdomadaires. Là où ils (les transporteurs) embarquent leurs bagages, les passagers montent dessus pendant que nous ne sommes pas présents. Vous allez voir toute forme, toute sorte de bagages. En cas de dérapage, ce sont ces bagages-là qui vont tuer des personnes. Il faudrait donc que les deux forces de défense et de sécurité, nous nous donnions les mains, pour éradiquer ce phénomène, parce que ça devient maintenant un fléau. A chaque fois qu’il y a un accident des Kéa moteurs, des minibus ou des camions qui se renversent, ce sont des dizaines de cadavres qu’on va ramasser qui, tués par des bagages à leur chute. C’est ce qui aggrave les cas de morts’’, a déploré l’agent de la police routière, avant d’interpeller les commerçantes et commerçants, ainsi que les transporteurs.
‘’Donc, j’en appelle à la conscience des marchands, des commerçantes, des commerçants, des transporteurs, d’éviter le transport mixte. Parce que c’est un système dangereux dans le transport pour les personnes et pour leurs biens’’, a-t-il lancé.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, Lerevelateur224.com.
