En Guinée, la gestion de la transition cause de nombreuses difficultés aux citoyens. La hausse des prix des denrées de première nécessité, le manque d’emplois, sont autant d’éléments qui ont rendu la vie très chère au peuple. Aux yeux d’un acteur de la société civile de N’Zérékoré, qui s’est confié à notre correspondant régional ce samedi 13 juillet 2024, cette cherté de la vie est la conséquence directe de la mauvaise gouvernance à la tête du pays.
En tout cas, droit dans ses bottes, Emmanuel Fassou Sagno, acteur non des moindres de la société civile de N’Zérékoré, estime que la longue période de transition est un facteur qui va forcément affecter le mode de vie des Guinéens.
‘’Vous savez, la Guinée est un pays qui est dans le concert des nations et qui a librement ratifié la convention de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance. En ratifiant cette convention ou cette charte de la CEDEAO, qui dispose que : tous les Etats, qui ne respectent pas la transition démocratique, c’est-à-dire, le respect des mandats, ces pays-là, doivent être sanctionnés par la CEDEAO. Et aujourd’hui, toutes les grandes institutions internationales, tous les pays de l’union européenne y compris les Etats-Unis, ont pour interlocuteur la CEDEAO. Et c’est elle (la CEDEAO) qui a sanctionné l’Etat guinéen pour être à la base d’un coup d’Etat. Donc, ça veut dire que les autorités de la transition devraient tout mettre en œuvre pour un retour à l’ordre constitutionnel. Parce que c’est ce qui permettrait à l’Etat guinéen d’entrer dans le concert des nations. C’est-à-dire quoi ? De pouvoir être éligible au fond des Nations Unies à travers la Banque mondiale, le FMI. De pouvoir s’inscrire à des projets, à des initiatives, à des financements de grandes envergures. Parce que l’Etat ne peut pas employer tout le monde, l’Etat ne peut pas créer de l’emploi pour tous les citoyens. Ce sont donc ces institutions, c’est donc à travers ces projets, à travers ces financements extérieurs, qu’il y a la création de l’emploi et la création de la richesse.
Mais aujourd’hui, nous comprenons que, notre pays ne bénéficie pas de beaucoup de financements, parce que tout simplement, il est dans une situation inconstitutionnelle. Et donc, cette cherté de la vie peut être due en partie, par cela, qu’il faut corriger. Et aussi, il y a la mobilisation des ressources internes. L’Etat ne peut pas financer à lui seul, toutes les initiatives publiques. Il faut un financement extérieur, sinon, l’Etat va être toujours déficitaire. Et on va tomber dans la planche à billet, à la fabrication de la monnaie au niveau local, pour faire face aux besoins urgents de l’Etat et des citoyens. Et dans ce cas, on va davantage créer de l’inflation et donc, créer de la pauvreté et la cherté de la vie sera automatique. C’est pourquoi, je dis que la cherté de la vie est une conséquence du prolongement de la transition en Guinée’’, a asséné Emmanuel Fassou Sagno, avant d’exhorter les autorités de la transition à l’ouverture de la voie de développement entre la Guinée et les puissances étrangères, afin de juguler la pauvreté.
‘’A l’endroit des autorités en charge de nous gouverner actuellement, l’Etat, le gouvernement en particulier, je lance une invite pour que tout soit mis en œuvre pour permette d’ouvrir la Guinée aux investisseurs privés, aux autres puissances, pour permettre de juguler la pauvreté et la cherté de la vie. Et cela doit passer par la bonne gouvernance. Et comme un économiste disait à un leader politique : fais moi une bonne politique, je te ferai une bonne économie’’, a-t-il interpelé.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
