Depuis quelques semaines, un éventuel glissement du chronogramme de la transition se fait sentir dans les discours des autorités guinéennes. Ce prolongement qui fait assez de bruits sur la toile et qui semble même avoir désormais la bénédiction de la CEDEAO, suscite beaucoup réactions au sein de la classe politique.
Au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principale force politique du pays, on estime que la CEDEAO est dans la logique des dirigeants de la transition en Guinée. C’est ce qui ressort d’un entretien qu’a accordé ce vendredi 12 Juillet 2024, le chargé aux affaires électorales de l’UFDG à N’Zérékoré à notre correspondant régional.
‘’Ça ne nous apprend pas grand-chose, parce que réellement, la CEDEAO et les autorité guinéennes avaient signé un Protocol d’accord que toutes les élections devraient être organisées et que la transition devrait prendre fin en Décembre 2024. Encore une fois, moi je pense que la CEDEAO se trouve dans leur logique pour voir dans quelle voie et moyen, amener les transitions que ça soit guinéenne et les autres transitions, pour faire en sorte qu’il y ait le retour à l’ordre constitutionnel. J’avoue à l’intérieur que je suis un peu perplexe. Parce que tout simplement, nous qui vivons en Guinée, nous comprenons aisément qu’il n’y a pas d’activités qui peuvent nous amener au retour à l’ordre constitutionnel. Sur le terrain, il n’y a absolument rien. Donc, tout ce qui est en train d’être fait, c’est de faire en sorte qu’il y ait un glissement de calendrier électoral. Et cette question, ça revient fondamentalement au peuple de Guinée, parce que si les autorités guinéennes s’étaient engagées pour décembre 2024, je pense que le peuple guinéen est en train d’observer, c’est une question qui sera débattue au sein des partis politiques, de la société civile, le syndicat et toute la Guinée, disons dans son ensemble.
Moi, je pense que s’il y a glissement de calendrier, la question, ce n’est pas seulement à l’UFDG, c’est fondamentalement le peuple de Guinée. Je pense que le CNRD n’a pas intérêt à ce que les engagements pris pour le retour à l’ordre constitutionnel soient bafoués et qu’il se retrouve très rapidement pour rectifier cette transition, parce que je pense que le glissement ne va pas les aider’’, a estimé Mamadou Maladho Diaouné.
Poursuivant, le chargé aux affaires électorales de l’Union des forces démocratiques de à N’Zérékoré, a attiré l’attention de la CEDEAO sur la situation qui préoccupe la classe politique guinéenne.
‘’C’est quelque chose qu’on a toujours dénoncé. Il faut le dire. Les faiblesses qui sont au niveau des institutions sous régionales, moi, j’en appelle à cette CEDEAO, pour qu’elle puisse prendre la mesure de la situation. Faire en sorte que ce qui s’est passé, les dénonciations, que les peuples ouest-africains sont en train de faire, ne se répètent pas. Ils ont intérêt à respecter les engagements qu’ils ont au sein de la CEDEAO à savoir : l’esprit de la bonne gouvernance et la démocratie dans les Etats Ouest-africains. Je n’ai jamais vu un pays où on remet tous les pendules à zéro, pour dire à chaque fois, il faut reprendre, il faut reprendre à zéro’’, a déploré M. Diaouné.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
