En séjour à Kissidougou depuis la veille de la fête de Tabaski, l’Honorable Docteur Ben Youssouf Keita a accordé un entretien à la presse locale ce jeudi 27 juin 2024 à son domicile au quartier Madina. L’ex député de la huitième législature, désormais à la tête de l’Alliance pour le Changement et le Progrès (ACP), un parti politique né en 2022, a mis cet entretien à profit pour non seulement exposer sa lecture de la conduite de la transition, mais aussi apporter des commentaires sur quelques sujets brûlants de l’actualité sociopolitique de notre pays.
D’entrée de jeu, l’homme politique n’a pas hésité de signifier sa volonté et celui de son parti politique à accompagner le CNRD et l’actuel gouvernement pour une transition réussie. Partant de ce point de vue, l’ex-député a soutenu qu’un glissement du chronogramme est nécessaire.
‘’D’abord, il faut savoir que la transition n’est pas une situation normale, c’est un accident de parcours. Dans les constitutions, vous verrez que la vacance de pouvoir est mentionnée, mais la transition n’y est jamais mentionnée. Cette affaire de glissement est un secret de polichinelle. Moi, je pense qu’il faut être pragmatique, car à date, aucune condition n’est créée pour réussir des élections crédibles en 2024. Nous sommes à 5 mois du délai et même le RAVEC n’est pas achevé ; et d’ailleurs, selon les spécialistes, il faut au minimum 2 ans pour réaliser le RAVEC. Alors, ce qu’on doit éviter, c’est de bâcler ce processus, si on le fait, ce serait un éternel recommencement, ce qu’on ne souhaite pas pour la Guinée. Nous avons l’expérience des élections de 2010 où on avait fait 4 mois entre les 2 tours au lieu de 15 jours. Le fichier même est contesté, rappelez-vous quand on avait fait l’audit de notre fichier électoral, on avait retrouvé plus de 500 mille fictifs, un fichier dans lequel on avait dit que Mandiana ou Siguiri sont plus peuplés que Conakry. Donc, pour moi, il y a un travail sérieux en amont qu’on doit faire pour des élections inclusives qui ne souffriront d’aucune contestation, c’est ça la vraie réussite de la transition’’, a-t-il argué.
Malgré cette position affichée dans l’accompagnement des autorités de la transition, le président de l’ACP s’est insurgé contre le traitement réservé aux médias de notre pays. ‘’L’oxygène de la démocratie c’est la presse. A moins qu’on ne soit démagogue ou égoïste, sinon, personne ne doit se réjouir de la fermeture d’un média quelconque. D’ailleurs, les médias fermés c’est des emplois qui s’envolent et nous sommes dans un pays où le taux de chômage est l’un des plus élevés du continent ; donc, moi je pense qu’on devrait penser plutôt à ces milliers de guinéens qui vivent de l’industrie de la presse. En tout cas, sur ce sujet, je suis désolé. C’est pourquoi, je lance un appel au CNRD de revenir aux meilleurs sentiments pour rétablir les médias dans leurs droits, c’est grâce à eux que nous véhiculons nos messages. J’interpelle le médiateur de la République, les sages et les grands intellectuels du pays à se lever pour essayer de trouver une solution à ce problème des médias, ce qui ne projette pas une bonne image de la Guinée. Evidemment, la presse aussi doit faire son mea-culpa’’, a-t-il souligné.
Avant de mettre un terme à cet entretien, le médecin chirurgien formé à Cuba puis en France, s’est prononcé sur le niveau de développement de sa ville natale Kissidougou. Pour lui, la situation de sa ville n’est pas reluisante.
‘’A Kissidougou, ça n’évolue pas en terme de voiries urbaines, je n’ai pas vu de nouvelles infrastructures depuis 2022, les chantiers somnolent partout et surtout pas d’opportunités pour la jeunesse. Aussi, avec le CNRD, les fils de Kissidougou sont absents du gouvernement et à des postes de responsabilité. En tant que fils de Kissidougou, nous voulons que cette situation change vraiment. C’est pourquoi, mercredi, la délégation spéciale de la commune urbaine a convié les fils ressortissants de Kissidougou à une réunion à la Mairie et j’avoue que cette rencontre a été fructueuse, car nous avons envisagé ensemble des démarches à suivre pour le bonheur des filles et fils de Kissidougou pendant et après la transition’’, a-t-il conclu.
À noter que l’honorable Ben Youssouf Keita a profité de son séjour prolongé pour lancer des activités allant dans le sens de la redynamisation de son parti à Kissi-faramaya.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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