Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, a rejoint la Guinée comme il s’y était engagé à la face du monde. Il était parti, un peu, sur la pointe des pieds, empêché de sortir, de temps en temps, régulièrement persécuté. Tout le monde se souvient de cette horrible scène de son arrestation avec certains de ses pairs. Enlevés de force, traînés par terre, Foniké Menguè et d’autres avaient subi une brutalité policière sans précédent, avant d’être jeté en prison. La vive indignation suscitée par l’inhumanité de l’acte avait embarrassé les autorités, au plus haut niveau, surtout avait été un facteur d’une puissante mobilisation de l’opinion en faveur des suppliciés, libérés, puis réarrêtés, de nouveau. Chaque fois, dans des conditions rocambolesques. N’importe qui pourrait abdiquer face à ce tombereau de malheurs, mais, Foniké Menguè, lui, a continué à s’opposer et à résister avec une rare obstination au prix, tous les jours, de sa santé et avec de nombreuses menaces sur sa liberté, contre son intégrité.
L’homme presenté comme un révolutionnaire et décidé à se dresser contre les abus de pouvoir et les dérives autoritaires rentre d’un long périple qui est à la fois une tournée d’explications de la situation guinéenne et un séjour médical des plus utiles.
Le coordinateur du FNDC revu et corrigé, a tenu donc parole en remettant ses pieds dans la fournaise guinéenne alors qu’il en était bien loin, avait mille et un pretextes de prolonger son absence du pays. Il tient, selon lui-même, à « finir ce qu’il a commencé », c’est-à-dire, parachever le processus de retour à l’ordre constitutionnel pour certains dans l’impasse, pour d’autres, reporté aux calendes grecques. Il y a donc péril en la demeure. Mais, Foniké Menguè, bien que sur ses gardes, se veut confiant et optimiste, malgré tous les mauvais signaux et les inquiétudes légitimes de tous. Il veut garder l’espoir jusqu’à la fin, croire encore à la bonne foi du Général Mamadi Doumbouya. Peut-être, aura-t-il raison ou sera-t-il déçu, comme souvent.
En attendant, en revenant sur le terrain pour braver les interdits, et s’exposer à l’ire des autorités de la transition qui se radicalisent, il montre qu’il a du courage et ne manque pas de convictions. Ce sont des hommes comme lui dont la Guinée a besoin pour s’affranchir des tutelles et se libérer de toutes les oppressions.
Thierno Hassan Sakho
