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Vaccination des petits ruminants à Koyamah (Macenta) : De graves accusations contre le vétérinaire

3 juin 2024
SIGUIRI: la délégation spéciale de la CU lance une opération de curage des caniveaux

A Macenta, dans la sous-préfecture de Koyamah précisément, la vaccination payante des animaux domestiques (les petits ruminants) est imposée sur les populations des districts et secteurs de cette commune rurale, située à 125km du chef-lieu de la commune urbaine. Chaque année, les éleveurs de moutons et chèvres de la localité sont contraints de pourchasser leurs bêtes, afin d’être vaccinés à 4 000 GNF par tête pour éviter le paiement d’une pénalité qui va de 50 à 100 000 GNF ou la perte totale de son animal. Chose que déplorent les éleveurs du District de Origuizézou.

C’est une pratique qui est devenue monnaie courante dans les districts et secteurs de la sous-préfecture de Koyamah. Les vaccins que l’Etat donne gratuitement aux vétérinaires pour lutter contre toute maladie des petits ruminants, sont revendus à 3000 voir 4000 GNF aux éleveurs et de façon obligatoire. Sinon, il faut s’attendre au paiement de 50 000 GNF ou au rachat de ton animal, à défaut, on le revend à quelqu’un d’autre ou le vétérinaire l’emporte.

‘’La semaine dernière, on a vu le vétérinaire Kokoulo Piou Soropogui, comme c’est de lui qu’il s’agit, qui est venu comme chaque année dans notre village. Il a demandé aux éleveurs de prendre les animaux, afin d’être vaccinés à domicile. Et c’est ce qui fut fait pour certains. D’autres n’ont pas pu attraper tous les animaux qui les appartiennent, parce que les animaux ne sont pas dans les enclos. Pour moi, il restait un bouc que je n’ai pas pu avoir durant toute la journée. Un jour après, le vétérinaire et son équipe ont motivé les jeunes garçons pour attraper tous les animaux non vaccinés. C’est dans ça qu’ils ont pris mon animal. Quand je suis allé, ils m’ont obligé de payer 50 000 GNF avant de le délivrer, sinon, ils vont le revendre ; donc, j’étais contraint de payer cette somme. C’est ce qu’ils nous font chaque année et on ne sait pas d’où vient cette loi’’, a confié une des victimes

Après une journée d’attente qu’ils qualifient de « journée de frouille », une personne qui se présente comme propriétaire d’un ou plusieurs animaux payera 50.000 ou 100.000 GNF, en tout cas, c’est selon le gré du missionnaire, à en croire cette citoyenne qui a d’ailleurs été victime plus d’une fois.

‘’L’année dernière, ils m’ont fait payer 50.000fg avant de délivrer un de mes animaux que je n’avais pas pu attraper. Cette année encore, même chose, et pourtant, les chèvres sont très simples à maitriser que les boucs pour les femmes. Pour un homme, ça peut être facile, mais pas pour les femmes. Et les agents ne tiennent pas compte de cela. Vraiment, ce n’est pas bon. Quand je suis venue pour vérifier s’ils ont attrapé mon bouc, ils m’ont dit que la frouille est déjà close ; donc, soit on te revend ton animal ou on donne à quelqu’un d’autre. On est resté à discuter, ils sont revenus à 100.000 GNF, par plaidoirie, j’ai payé finalement 50.000 GNF pour ne pas que je perde mon animal. Vraiment, ça fait mal’’, a déploré Pierrette Vaba Béavogui.

A ce sujet, le vétérinaire Kokoulo Piou, qui n’a pas voulu se prêter à notre micro, a cependant expliqué en off ceci. ‘’Chaque année, quand on vient pour la vaccination, on se met à la disposition du bureau des responsables des éleveurs. C’est avec ceux-ci on travaille. Comment ça se passe? Avant que je ne vienne sur le terrain, on demande aux éleveurs de prendre leurs animaux. Donc, une fois sur le terrain, on commence l’opération. Après avoir fini de vacciner les animaux qui sont attachés à domicile, on demande aux jeunes garçons d’attraper tous les petits ruminants (chèvres et mourons) non vaccinés. Donc, toute personne qui se déclare comme propriétaire d’un animal raflé, payera 50.000 GNF pour la première fois. Après cette journée, tous les animaux restants, sont déclarés sans propriétaires. S’ils sont nombreux, je demande à l’équipe qui m’a accompagné s’ils ont pris dette. Et si le bureau a pris dette, je leur donne un ou deux animaux. Le reste, je retourne avec pour rendre compte à mes chefs. Au cas où les animaux ne sont pas nombreux, on les revend, je donne une partie au bureau et je rentre avec l’autre partie. C’est comme ça chaque année’’, a-t-il précisé.

Il faut rappeler que les victimes de cette pratique ont plaidé auprès du département en charge de l’élevage, afin de revoir cette situation devenue récurrente dans la sous-préfecture de Koyamah, préfecture de Macenta.

 

Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.

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