Mariame ciré Diallo est une femme qui s’est lancée dans cette activité de moto-taxi dans la ville carrefour de Mamou, d’il y a 1 an et quelques mois. Très déterminée à gagner sa vie de par sa propre sueur, cette dame mariée et mère de deux enfants, a traversé d’énormes difficultés auparavant.
Selon elle, avant d’apprendre à conduire la moto, elle s’était engagée dans l’immigration clandestine qui va lui pousser à sortir de la Guinée, pour aller tenter sa chance dans la mer méditerranée. Mais l’aventure n’ayant pas été couronnée de succès, elle décida alors de rebrousser chemin, pour pratiquer le métier de moto-taxi.
‘’Je remercie Dieu, car mon mari et toute ma famille sont contents pour mon travail là. Au lieu que je ne reste dans le quartier pour parler, calomnier des gens, et rester sans rien exercer comme activité génératrice de revenus, je me suis lancée dans ça. Maintenant, comment j’arrive à gérer mon foyer, mes enfants et aussi à conduire le taxi-moto en même temps ? Je dois vous dire que tout est basé chez moi sur la planification. Mon mari et moi, on s’est assis pour faire une planification qui va bien cadrer les heures de mon ménage et celles de mon travail et qui vont également arranger les enfants à la maison comme à l’école. Chaque jour, je me lève à 4heures du matin, après avoir fini de prier, je prépare le déjeuner de mon mari et celui de mes deux enfants.
Avant que les enfants ne finissent de manger, ça trouvera que j’ai aussi arrangé leurs tenues et à 7 heures, ils montent sur ma moto je les envoie à l’école. Et moi aussi je vaque à mes affaires. À 14 heures 00, je me rends à leur école pour les envoyer à la maison et je leur donne à manger, puis je sors encore pour faire le taxi-moto. À partir de 18 heures, je rentre à la maison pour garer la moto, je prie et je m’occupe sur la révision de mes enfants français comme arabe’’, a-t-elle expliqué, avant de souligner la concurrence et aussi la marginalisation dont elle fait face parfois parmi les hommes dans ce métier.
‘’Je peux dire Dieu merci, puisque comme vous le savez, les gens ne sont pas les mêmes. Parfois, je me trouve confronter à certaines situations, comme la concurrence, la stigmatisation, la marginalisation et autres, à cause du fait que je suis une femme et de surcroît, qui s’est adonnée à de telle chose. Mais je tiens bon, puisque d’autres taxi-maîtres m’encouragent à persévérer, de ne jamais me décourager. Ils orientent même leurs clients vers moi pour que je les envoie. Je profite de votre micro pour les remercier pour ça, y compris le chef de base, le syndicat, gilets verts, gilets rouges, tout le monde. Surtout à la base de la boucherie ici, je suis très acceptée par mes collègues.
Autres difficultés, c’est par rapport aux clients mêmes qui me déplacent. Souvent, quand je les envoie jusqu’au niveau qu’on n’avait conclu, après ils me disent non, allons encore devant, c’est pas ici, c’est ceci, c’est cela. Je calcule le transport qu’ils m’ont payé et la distance qu’on a parcouru, je trouve qu’ils m’ont fatigué. Mais je ferme les yeux, je laisse pour ne pas discuter avec eux, parce que moi je suis une femme, je ne veux pas que je discute avec quelqu’un et là où tu travailles aussi, c’est là-bas que tu gagnes, mais aussi pour qu’un autre jour, le même client puisse me prendre encore. Il y a certains clients aussi dès qu’ils viennent ici pour s’embarquer, une fois que mes collègues taxi-maître les orientent vers moi, ils disent carrément non ! je ne vais pas m’assoir derrière une femme’’, a-t-elle fait savoir ,avant de lancer un appel aux autres femmes de se lever pour prendre leur destin en mains.
‘’Je dirais à toutes les femmes, mes sœurs, amies, tantes, mamans, de se lancer dans une activité génératrice de revenus. Le travail de moto-taxi c’est pas pour les hommes seulement. Venez on va révolutionner cette activité en Guinée, et peut-être même qui sait, on pourra plus tard embaucher les hommes. Faire en sorte que 95% des motos-taxis soient des femmes qui pratiquent. Ce n’est pas une utopie que je suis en train de dire, si on veut, je crois qu’on peut. S’asseoir à la maison, attendre les parents, nos maris ou l’État, c’est une grosse erreur. Il faut d’abord bouger et les autres viendront pour te pousser. Vouloir, c’est pouvoir’’, a lancé Mariama ciré Diallo.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
