Le semaine dernière, le garde des sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, en s’adressant aux magistrats lors d’une rencontre, a révélé qu’un d’entre eux a appelé le président de la transition, pour prendre sa décision concernant la journaliste Aminata Conté. Ces propos de Yaya Kaïraba Kaba a suscité une vague de réactions dans l’opinion publique.
Dans un entretien accordé à notre rédaction ce mardi 23 avril 2024, le coordinateur national de la maison des associations et ONG de Guinée (MAOG), s’est insurgé contre l’immixtion de l’exécutif dans les affaires judiciaires. Après avoir déploré cette violation du principe d’indépendance de la justice, Alpha Bayo a déclaré que cette sortie du Ministre prouve à suffisance que la justice n’est pas la boussole de la transition.
‘’C’est vraiment désolant, puisque pour nous, le principe d’indépendance de la justice n’a pas vraiment pas été respecté et le Ministre est dans son plein droit d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur le comportement incongru et inacceptable de certains magistrats qui ont le kilo d’appeler le président de la transition, avant de prendre une décision judiciaire. Donc, pour nous, le principe de l’indépendance de la justice a été purement et simplement violé ; et dans les conditions normales, ce magistrat qui s’est comporté de la sorte doit être suspendu de ses fonctions. En tout cas, il doit recevoir des sanctions. Mais le magistrat qui ose appeler un Chef de l’État, est-ce qu’un ministre peut prendre une décision de suspension contre ce dernier ? Je pense que non ! Mais qu’à cela ne tienne, ça prouve à suffisance que l’indépendance de la justice n’est pas une réalité dans notre pays, ça prouve à suffisance que la justice n’est pas la boussole de la transition, ça prouve qu’on a encore du chemin à faire pour le respect du principe de l’indépendance de la justice.
Il faut dénoncer l’irresponsabilité du magistrat qui se réfère au pouvoir politique pour pouvoir prendre une décision, parce que ce n’est pas normal. Mais dans ce cas de figure, nous estimons qu’avant l’appel, il y a eu des collisions entre lui et le président de la transition. C’est-à-dire, intérieurement, il y a eu l’implication de l’exécutif qui a pris à bras le corps le dossier de Aminata Conté. C’est pourquoi, avant de prendre la décision, il s’est référé au président de la transition’’, a déploré Alpha Bayo.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

