Très en vogue dans les temps à travers tout le pays, la pratique du métier de la bijouterie dégringole du jour au lendemain dans la préfecture de Mamou. Cela se fait sentir à travers la rareté des clients pour l’achat des articles de la bijouterie, au profit de ceux vendus par les chinois qui ont fini par inonder les différents marchés de l’Afrique par leurs pacotilles.
À travers une interview qu’il nous a accordée ce vendredi 26 janvier 2024, à son atelier, le président de l’association des bijoutiers de Mamou Faké Camara a déploré cette situation qui, pour lui, constitue une réelle menace pour leur profession.

‘’Au temps du régime de Sékou Touré, il y avait beaucoup de bijouteries et de bijoutiers en Guinée et surtout à Mamou ici. Au temps de Lansana Conté aussi, il y avait des bijoutiers, beaucoup même. Mais au fil du temps, les gens ont fini par abandonner ce métier. L’une des causes, c’est l’arrivée des chinois qui ont amené beaucoup de bijoux en pacotilles pour revendre dans les marchés avec un petit prix. 5 000, 10 000, 15 000 et même 3 000 ou 2 000 GNF, ainsi de suite.
Et quand vous vous venez pour écouler votre bijoux en or pur, rarement les gens l’achètent, parce que d’abord, ils comparent les deux prix ; et ensuite, ils regardent aussi celui des deux qui a plus d’éclat de brillance. Ce qui fait que les bijoux que nous confectionnons ici, beaucoup de personnes n’achètent pas.
Avant, on pouvait fabriquer assez de bijoux dans l’atelier ici, les gens venaient commander pour les cérémonies de mariages, les rituels, sacrifices, fiançailles et autres (…) Mais aujourd’hui, comme je vous ai dit, tout a changé, plus rien ne marche. Je suis le président de l’association des bijoutiers de Mamou, je suis dans ce métier ça fait maintenant 40 ans et quelques. Certaines personnes avec lesquelles j’ai commencé ce métier ont fini par se décourager pour pratiquer d’autres métiers. Les jeunes apprentis qui viennent pour l’apprendre, finissent aussi par abandonner un à un, parce que les gens ne s’intéressent pas à nos articles fabriqués ici’’, a-t-il fait savoir, avant de solliciter le soutien des autorités, pour leur venir en aide, afin d’éviter que la pratique de ce métier ne soit un lointain souvenir à Mamou.

‘’En tant que président de l’association des bijoutiers de Mamou, je demande aux autorités à tous les niveaux de nous aider, d’aider les bijoutiers de Mamou, pour que nous puissions écouler nos marchandises et que les population de Mamou, de la Guinée, de l’Afrique, s’intéressent à l’achat des articles de la bijouterie.
Quand vous venez aujourd’hui dans la préfecture de Mamou, c’est très difficile de voir un ou deux ateliers de la bijouterie, parce que ça n’existe presque pas maintenant. Alors, au président de la République de nous aider à Mamou et dans toute la Guinée, pour que la présence des bijoux en pacotilles des chinois ne mettent pas fin à notre profession. Et valoriser aussi cette activité pour que les gens s’y intéressent davantage’’, a lancé Faké Camara.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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