La menuiserie est un métier qui rentre dans la construction des meubles et des charpentes de maisons. Cependant, ce métier est aujourd’hui confronté à d’énormes difficultés, suite à l’acquisition de la matière première qu’est le bois.

A Kindia, ils sont nombreux des menuisiers qui dénoncent le prix élevé des bois, mais aussi son accès devenu trop difficile. Une situation qui impacte les activités et l’écoulement de leurs meubles. Rencontré dans son atelier, Mohamed Diawara explique les problèmes dont ils sont confrontés aujourd’hui.
‘’Les problèmes sont assez maintenant, car la Guinée n’a plus de forêts qui sont en maturité. Elle est complètement dévastée. Actuellement, on ne fait que pêcher le bois dans les autres pays, telle que la Sierra Léone, avec une circonstance bien difficile, car il y a différentes opérations qu’on doit accepter pour avoir le bois et ramener dans notre pays. Et puis, du jour au lendemain, le prix du transport ne fait que monter en flèche. Donc, arrivée à la frontière encore, il y a une taxe qui est supérieure par rapport à la normale, c’est-à-dire, si on avait l’habitude de payer 500.000 GNF pour les frais, actuellement c’est 1.500.000 GNF. Il y a également des contributions diverses qui sont aussi là à s’imposer sur nous d’une manière conséquente. Ce n’est pas pour rien que nos meubles sont actuellement chers en prix, parce que c’est la manière d’obtention du bois qui fait un peu défaut chez nous. Et j’espère qu’on vivra de ça pendant plusieurs années, parce que la Guinée n’a plus de bois’’, s’est-il inquiété.
L’acquisition du bois est devenue un véritable casse-tête pour les menuisiers guinéens. Des menuisiers qui, aujourd’hui, tirent le diable par la queue. ‘’On paie le bois, un double à 600 000 GNF, 700 000 GNF, parce que les vendeurs du bois disent que eux aussi envoient les bois très chers.
Pour envoyer le bois de la Sierra Léone jusqu’en Guinée, il faut négocier d’abord avec la douane pour prendre le papier, car qu’il y a une taxe à payer avec eux là-bas. Une fois en brousse, il faudrait chercher des jeunes pour faire sortir les bois qui sont sciés et embarquer. Tous ceux-ci là, c’est des dépenses et aussi au cours de la route, vous êtes encore confrontés à des gendarmes et eux aussi vont vous demander de payer. Et à l’arrivée, ils nous imposent ces prix là. Alors que si vous mettez un prix élevé sur les meubles, les clients ne vont pas acheter et si ça dure, ça va se gâter. En ce moment, c’est nous qui perdrons’’, se lamente Djibril Soumah.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
