Le Ministère de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers, se battent pour éradiquer les Violences Basées sur le Genre à travers le pays. Malgré cette lutte engagée par les acteurs de la protection des enfants et des femmes, la pratique de ce phénomène bat toujours son plein en Guinée.
Dans la région forestière, au courant de l’année 2023, 362 cas de violences basées sur genre ont été notifiés selon l’inspecteur régional de l’action sociale. Interrogé ce mercredi 17 janvier 2024, l’inspecteur régional de l’action sociale de N’Zérékoré, revient sur les statistiques.
‘’Au cours de l’année 2023, on a enregistré 362 cas de violences basées sur le genre et ça, c’est dans les 06 préfectures de la région administrative de N’Zérékoré. C’est des cas qui ont été déclarés au niveau des services de prise en charge. Parmi les 362 cas, on a 102 cas de viols, 170 cas d’excisions, 72 cas de violences conjugales, 17 cas de mariages d’enfants, 35 cas de violences psychologiques, 31 cas de violences économiques, 08 cas d’excellemment sexuels et 27 cas de maltraitances.
Donc, ce sont des cas qui ont été gérés souvent par les services de santé, par les services de gendarmerie et par notre service’’, a déclaré Mohamed Mariam Kéita.
L’impunité d’un seul cas de violences basées sur genre encourage ce phénomène dans la société. C’est ce qui ressort des comportements des parents des victimes qui désistent les plaintes une fois à la justice. Chose que déplore le premier responsable de l’action sociale de N’Zérékoré.
‘’Vous allez trouver que la justice, sur ces 362 cas, tous les cas ne sont pas parvenus par la justice pour la simple raison qu’au niveau des services de santé, il y a des cas qui arrivent, ils offrent les soins de santé. Mais ils ne déclarent pas, ils n’informent pas les autres acteurs par rapport à la situation, pour que nous puissions faire le soutien psycho-social au niveau de la victime, pour l’amener vraiment à s’engager à poursuivre la procédure au niveau de la justice pour qu’elle soit rétablie dans ses droits. Et là aussi, c’est pour éviter d’alerter les potentielles candidats à ces violences basées sur le genre pour dire que la Loi, elle est là. Parce qu’un cas de violence non puni, on ouvre la voie à des milliers d’autres cas. Voilà un peu la triste réalité de la région sur ces cas’’, s’est-il insurgé
Contrairement à l’année précédente, l’inspecteur se frotte les mains. Car selon lui, le taux de cas déclarés cette année, prouve à suffisance que les sensibilisations faites par les acteurs de la protection des enfants et des personnes vulnérables portent fruits.
‘’C’est-à-dire, il faut se faire sur la situation. La comparaison des deux années ne veut pas dire qu’il y a eu plus de cas, mais c’est plus de cas dénoncés. Donc, ça veut dire que les sensibilisations que nous effectuons portent fruits. Ça amène les parents, les familles, au lieu de traiter localement une victime de violences basées sur genre, ils ont conscience qu’il faut envoyer la victime à l’hôpital, ils ont conscience qu’il faut envoyer la victime au niveau d’un service de police, au niveau d’un service de la gendarmerie ; ils sont conscients qu’il faut dénoncer le cas au niveau des services de la protection des enfants et des femmes. Ça, c’est un acquis qu’on a dans la région’’, se réjouit Mohamed Mariam Kéita, Inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables de N’Zérékoré.
Depuis N’Zérékoré, JOB BÉAVOGUI, pour Lerevelateur224.om.
