C’est dans un contexte particulier, marqué par des évènements douloureux, que les habitants de Kissidougou ont terminé l’année 2023. Visiblement, la cité ne s’est pas encore remise du deuil provoqué par le récent accident tragique survenu à Tiro et l’incendie du dépôt d’hydrocarbures à Kaloum avec son corollaire de crises de carburant qui affectent quasiment tous les secteurs de la vie.
Ainsi, pour ne pas en rajouter à ces deux événements aux conséquences fâcheuses en cette période festive, les autorités administratives ont décidé de ne pas trembler tout en adoptant des mesures peu populaires, mais plus efficaces en termes de sécurisation des populations locales. Parmi ces mesures phares, figure l’interdiction de tout regroupement sur les abords du fleuve Niandan, un endroit habituellement convoité par la jeunesse pour y célébrer les festivités de fin d’année.

En outre, il a été décidé du déploiement des policiers sur tous les carrefours stratégiques de la ville, pour minimiser les cas d’accidents graves. Du côté des forces de l’ordre, c’est tolérance zéro dans l’application de ces mesures édictées par les autorités locales pour une sécurisée. Très actif sur le terrain depuis la nuit du réveillon, le Colonel Balla Kourouma, commissaire du commissariat central de Kissidougou, a tenté de rassurer.

‘’Tout d’abord, je m’incline devant la mémoire de nos concitoyens qui ont perdu leurs vies dans le récent accident mortel qui a endeuillé notre cité et ceux du drame de Kaloum. Je tiens à vous signaler que la fête de fin d’année à Kissidougou est placée sous le signe d’un maximum de sécurité. C’est pourquoi, c’est une question qui dépasse le seul entendement de la police routière, mais plutôt c’est l’ensemble des forces de l’ordre et de défense qui sera impliquée si nécessaire pour sécuriser la ville pendant cette période. Depuis hier nuit, nous sommes sur le terrain au niveau des carrefours. Pour l’heure, je suis content du résultat, car depuis le début, nous n’avons enregistré qu’un seul cas d’accident qui n’est pas aussi mortel. D’ailleurs, depuis le 20 décembre, nous avons mis en place un plan spécial de travail, à savoir les patrouilles nocturnes et diurnes qui vont continuer jusqu’au 05 janvier.
Par rapport au fleuve Niandan, les autorités ont largement sensibilisé la jeunesse à s’abstenir de s’y rendre pour le respect de nos frères qui ont perdu la vie récemment lors de l’accident, mais aussi, pour le respect des nombreux malades alités à l’hôpital préfectoral. En ce qui nous concerne, nous allons sillonner le long du fleuve Niandan pour faire appliquer cette mesure. Je profite pour rassurer tout le monde que nous allons jouer pleinement notre rôle régalien qui est celui de sécuriser les populations et leurs biens’’, a-t-il rassuré.
Autre recommandation majeure des autorités locales, c’est l’intensification des prières et des sensibilisations dans les lieux cultes, plus particulièrement dans les églises où les fidèles chrétiens étaient fortement mobilisés ce lundi matin, pour participer aux messes. Ils étaient nombreux les fidèles chrétiens qui ont rallié la paroisse Saint François d’Assise du quartier Limania, pour écouter la parole de Dieu. C’est le cas de Étienne Fatewa Mansaré, Vice-président de ladite paroisse, qui revient sur la portée religieuse de cette fête.

‘’Aujourd’hui, c’est le premier jour de l’an. C’est la fête de notre Mère, la sainte Vierge Marie qui a mis au monde notre sauveur Jésus. Donc, c’est la fête de la paix pour les nations. Notre pays n’est pas en marge des catastrophes qui s’abattent sur le monde. C’est pourquoi, les fidèles chrétiens étaient mobilisés aujourd’hui pour prier et partager la parole divine. Malgré la conjoncture, l’église était bien remplie. Dans leurs émoluments, les prêtres ont rappelé aux chrétiens leurs devoirs, c’est-à-dire, un chrétien doit s’abaisser, il doit respecter, mais aussi il doit accepter les plus faibles, les plus démunis et les enfants. La paix doit commencer dans les familles avant de se répandre dans toute l’humanité. Je profite pour souhaiter une merveilleuse année 2024 à tous les chrétiens du monde et plus particulièrement à ceux de ma paroisse’’, a-t-il signifié.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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