Ils sont nombreux ces citoyens de la commune urbaine de Kindia, qui sont sévèrement affectés par la conjoncture économique qui frappe de plein fouet le pays ces derniers temps. Dans la plupart des boutiques, ateliers de coiffure et de couture, le constat reste le même. Celui du manque de la clientèle.

Cette situation devient très inquiétante pour les citoyens de la ville des agrumes, notamment chez les vendeurs et acheteurs. Si d’un côté, les commerçants déplorent le manque de clientèle pour pouvoir écouler leurs marchandises, de l’autre, les propriétaires d’ateliers de couture et de coiffure sont eux aussi secoués par la conjoncture, contrairement aux années précédentes. Par contre, pour certains, l’incendie du dépôt principal d’hydrocarbures à Kaloum, à Conakry, en est la principale cause.

‘’Vous même vous avez vu l’intérieur de l’atelier, je suis là seulement avec mes apprenties, les habits que vous voyez ont duré ici. Nous ne savons même pas comment nous en sortir avec ce manque de clientèle à l’approche de la fin d’année.
Habituellement, quand vous venez ici à partir du 25 décembre déjà, l’atelier est pris d’assaut par les clients, il y avait l’engouement total. Mais cette année, c’est compliquée pour nous, nous souffrons énormément. Tu as tes propres enfants, tu dois payer la location de l’atelier qu’il y ait clients ou pas, tu dois verser chaque fin de mois. On se demande comment nous allons nous en sortir. Et le problème d’essence est venu compliquer tout. Chaque jour, je paye au moins 15 000 GNF comme aller-retour. Si avec tous cela, tu n’as rien en retour, vous voyez combien c’est invivable. Nous demandons à Doumbouya de nous aider, sinon franchement, c’est pas bon’’, s’est lamentée Mariame Bangoura, couturière de profession.
De son côté, Amadou Oury Diallo, commerçant au grand marché de Kindia, accuse les autorités guinéennes d’être à l’origine de cette situation, qui plonge le pays dans une crise économique qui affecte tous les secteurs.
‘’Tout le monde souffre dans le pays là. Moi j’accuse certaines personnes qui ne veulent pas que le pays avancent. Nous, nous sommes commerçants, nous ne vivons que de cette activité et tout passe par le carburants. Allez-y dans les stations-services, pour trouver du carburant c’est autre chose. Les gens sont beaucoup plus soucieux d’avoir de l’essence que les vêtements à l’heure là. Depuis maintenant une semaine, je n’ai pas pu revendre même un seul article dans ma boutique, par manque de clientèle. Vraiment, nous souffrons énormément. Il faut sortir pour revendre, afin de nourrir sa petite famille et s’il n’y a pas d’achat, comment allons nous vivre ?
Donc, les autorités doivent prendre toutes les dispositions, sinon franchement, nous traversons un moment très critique. n’y a rien actuellement, on vient pour espérer avoir, mais c’est difficile’’, a déploré ce commerçant.
À noter que, les prix des produits n’ont pas changé, malgré la crise que traverse le pays. Cependant, la clientèle se fait rare dans les marchés.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
