La journée sans presse en Guinée a-t-elle été une réussite totale ? Sans doute, la réponse c’est Non ! Cette journée consistait à éteindre complètement les émetteurs des radios, et à afficher l’écriteau «PRESSE EN DANGER » avec fond rouge au niveau des télévisions et des médias en ligne. Malheureusement, comme on pouvait s’y attendre, le but visé n’a pas atteint, puisque la démarche a été sabotée par les patrons de médias qui auraient même sommé leurs travailleurs de continuer le travail.
Interrogé ce mardi 12 décembre 2023 par rapport à cette actualité qui défraie la chronique à travers tout le pays, le secrétaire général du SPPG Mamou, Habib Samaké a déploré cet acte qu’il qualifie de sabotage et de traîtrise contre le syndicat.
‘’Est-ce qu’une journée sans presse peut empêcher une négociation qui est en cours ? Ça ne peut pas empêcher. C’est de la traîtrise et un sabotage contre l’appel lancé par le SPPG. On avait dit seulement d’éteindre les médias, les journalistes n’ont qu’à rester à la maison, pour montrer que nous sommes mécontents. Ça ne pouvait pas empêcher les négociations. S’ils (les patrons des médias), éteignaient les radios, vous alliez voir ce qui allait se passer. Donc, ils ont eu peur, ils ont reculé parce qu’ils sont en train de défendre leurs intérêts. Tous les responsables de médias ont été des traîtres ici à Mamou, il faut oser de le dire.
Chapeau à GPP FM, chapeau à Djoma FM, qui avaient accepté pour un premier temps d’éteindre leurs médias, pour sauver la liberté de la presse. Le médias où je travaille, aucun travailleur n’a été, aucune émission n’a été tenue. Il y a d’autres médias aussi qui ont fait pareil. Mais il y a des médias qui ont menacé les journalistes, ils les ont demandés de venir contre leur propre gré, c’est de la traîtrise, c’est être contre la liberté de la presse et montrer combien de fois ils sont capables. On a compris quels sont les journalistes dignes de la Guinée et quels sont ceux qui ne le sont pas; c’est ça la vérité’’ a-t-il laissé entendre, avant d’adresser ce message aux journalistes.
‘’Je demande à tous les journalistes de savoir que quiconque est syndiqué, quand le patron vous renvoie du médias, nous on va porter plainte contre le patron et on va partir là où il veut, parce que c’est le code du travail qui reconnaît aux travailleurs d’appartenir à un syndicat. Et le syndicat est reconnu de façon internationale. La liberté ne se donne pas, elle s’arrache. Donc, nous on se bat pour que la liberté de la presse soit respectée, et que les journalistes exercent tranquillement leur travail sans aucun problème. Et nous sommes décidés à poursuivre cette lutte jusqu’à la victoire finale. Mais comme je l’ai dit tout à l’heure, tous les responsables de médias ont été des traîtres ici à Mamou. Mais ils ne nous ont pas trahis, ils se sont plutôt trahis’’, a-t-il fait savoir.
Depuis Mamou, Ibrahima Molota SOUMAH, pour Lerevelateur224.com.
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