En plus du dossier du jeune homme abattu par un gendarme au niveau du barrage sur la route de Kankan et celui de la nourrice qui a été enfermée avec son bébé de 7 mois par la brigade mobile, les éléments des services de défense et de sécurité de Kissidougou sont à nouveau épinglés par un nouveau dossier de violence sur une jeune dame. La nouvelle victime, c’est Safiatou Koné, nourrice résidente au quartier Sogbè et étudiante à l’université de Kankan.
La scène de violence s’est produite dans un hôtel de la place, lorsque la jeune dame s’y est rendue pour répondre à l’invitation du Colonel Kouloumba Maomy, gendarme en service à N’Zérékoré, qui est le père du bébé qu’elle allaite actuellement. Cependant, la rencontre entre les deux amants a tourné au vinaigre, quand une bagarre a éclaté entre la jeune dame et l’officier suite à une dispute.
Ainsi, le rapport de force était facilement en faveur du colonel Maomy, qui aurait administré des coups violents à son adversaire visiblement fragile en tant que femme, mais aussi en tant que nourrice. Selon la victime, l’officier aurait même fait venir 4 gendarmes de la brigade mobile de Kissidougou, qui l’auraient molesté violemment sous les ordres du colonel Maomy.
Suite à ces actes de violence sur sa personne, la victime Safiatou Koné a décidé de poursuivre le Colonel incriminé et les 4 gendarmes devant le tribunal de première instance de Kissidougou.

‘’Colonel Maomy est le père de mon enfant, donc, il m’avait appelé la semaine passée pour me dire qu’il devrait séjourner brièvement à Kissidougou pour assister à un mariage. Alors, quand il était venu, il m’a demandé de le rejoindre à l’hôtel où il résidait, donc, je me suis rendue avec le bébé et j’ai laissé l’enfant avec lui pour qu’ils passent la journée ensemble. Maintenant, quand je suis revenue le soir à l’hôtel, le mariage était en cours ; donc, j’ai fait la commande directement, il a dit qu’il n’allait pas payer. C’est ainsi on a commencé à se disputer et quand il m’insultait, je rendais pour moi. Alors, il s’est jeté sur moi pour me frapper, après il a fait venir 4 gendarmes qui m’ont battu aussi. Je connais bien les gendarmes en question. Actuellement, le dossier est au niveau de l’OPROGEM, mais je suis allée voir le Procureur qui m’a dit de rédiger la plainte et de lui déposer le lundi. Je ressens les douleurs au niveau de tout mon corps et j’ai des blessures aussi. C’est pourquoi, je compte aller jusqu’au bout pour que justice soit rendue dans cette affaire’’, a-t-elle soutenu.
Dans ce combat, la victime a reçu le soutien des ONGs de défense des droits des femmes et la direction préfectorale de la promotion féminine. C’est le cas de Amezonli Djima, vice présidente de l’ONG Actions Femmes et Développement (AFED). Pour elle, cet officier devrait servir d’exemple pour tous ceux qui se cachent derrière leurs tenues militaires pour abattre la violence sur la couche féminine.

‘’Quand cette jeune est venue vers nous, nous l’avons écouté et nous avons décidé de l’accompagner en termes de conseils, en termes de démarches à suivre et en termes de consolation. Aujourd’hui, dans notre pays, les violences basées sur le genre ne font que s’accentuer. Alors, il est grand temps pour que la société entière se lève pour mettre fin à ce phénomène honteux. L’acte de cet officier n’honore pas les services de défense et de sécurité. Eux qui sont censés nous protéger, c’est plutôt eux les bourreaux. C’est dommage. Le lundi, nous serons ensemble au Tribunal de Kissidougou, pour déposer la plainte contre le Colonel et les 4 gendarmes qui ont obéi à un ordre injuste’’, a-t-elle martelé.
Toutefois, les autorités administratives et militaires doivent prendre les dispositions pour rappeler à l’ordre les hommes en treillis dont les actes de violence sur les civils commencent à agacer plus d’un citoyen dans la cité de Kissi-kaba Keita.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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