Avec pour principaux accusés, 11 personnes, le procès des massacres du 28 septembre 2009, aurait pu enregistrer beaucoup plus de têtes dans le box des accusés que ceux qui sont là aujourd’hui. Du moins, c’est ce que laisse entendre l’un des avocats de la partie civile.
Sur les ondes de FIM FM, ce vendredi, Me Amadou DS Bah a déclaré que si l’enquête avait été menée en toute indépendance, il y aurait eu plus d’une cinquantaine dans le box des accusés.
‘’Pour le moment, il y a eu plusieurs dénonciations, mais qui n’ont certainement pas interpellé le ministère public. Sinon, il est possible que si des informations sont révélées à la barre par les nouveaux accusés ou d’autres personnes, il y a possibilité qu’il y ait l’ouverture d’une nouvelle enquête concernant les personnes qui auraient été citées à cette barre. Parce que voyez-vous, si l’enquête avait été menée en toute indépendance et si les juges d’instruction avaient tous les moyens nécessaires et les soutiens nécessaires pour pouvoir investiguer, je pense que au box des accusés, on aurait au moins retrouvé une cinquantaine de personnes. Malheureusement, au moment de l’instruction, les juges n’avaient pas toute la liberté, ils n’avaient pas toutes les informations et tout le soutien nécessaire pour pouvoir investiguer beaucoup plus largement, parce qu’il est important de rappeler qu’il y a eu des viols, il y a eu plus d’une centaine de morts. Donc, normalement, c’est pas seulement les hauts responsables qui auraient dû être inculpés et renvoyés, mais les exécutants eux-mêmes n’ont jamais été retrouvés, parce que justement au niveau de la collaboration entre les juges d’instruction et les services de police et les gendarmeries, il n’y a pas eu suffisamment d’aide pour permettre notamment d’identifier tous ceux qui ont participé dans le maintien d’ordre au moment des faits. Donc, cette liste n’a jamais été communiquée aux juges d’instruction au moment des faits, ce qui aurait permis l’inculpation de ces personnes et peut-être même certains exécutants auraient pu être reconnu par leurs victimes. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.
Les juges d’instruction ont fait ce qu’ils pouvaient, malheureusement, nous nous retrouvons dans cette situation, où, la plupart des hauteurs de ces massacres, en tout cas les exécutants, restent dans l’impunité totale’’, a déploré Me Amadou DS Bah.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com
