Les activités de la semaine de l’intégration africaine se sont poursuivies ce mardi, 24 Octobre 2023, à Conakry. Pour cette deuxième journée, c’est l’université Nongo Conakry (UNC) qui a accueilli l’évènement du Centre d’innovation et de recherche pour le développement (CIRD), qui commémore en différé et en sa manière, le soixantième anniversaire de l’intégration africaine.

«La valorisation de l’art et du patrimoine culturel comme facteur d’intégration entre les pays africains », est le thème de cette deuxième journée de la Semaine de l’intégration africaine. Une journée qui a mobilisé à l’UNC, chercheurs, professeurs, étudiants, anciens ministres, hommes de culture, entre autres. A cette occasion, le directeur exécutif du CIRD, Amadou Oury Diallo, a déclaré que le patrimoine et les valeurs culturelles africains ne peuvent être jetés aux oubliettes.

‘’Arts, culture et sports ont été des vecteurs importants de l’intégration africaine. La culture montre que nous sommes unis, que nous avons un passé à transmettre aux générations futures’’, dira-t-il dans son intervention, alors que de son côté, la Fondatrice et présidente du Conseil d’administration du CIRD ajoutera que l’intégration englobe tout.

‘’C’est une intégration politique, une intégration économique, une intégration culturelle, une intégration linguistique même. On va vers un passeport commun. C’est ce qu’on imagine pour l’Afrique. Pourquoi pas imaginer une langue commune où, tout le monde pourrait se comprendre. Ce n’est pas impossible. Donc, durant la semaine, on va aborder des thématiques sur tous les aspects de l’intégration africaine. Demain, par exemple, c’est à l’Université de Sonfonia. Le thème, c’est quelle perspective pour l’intégration sous-régionale. Les exemples de la Sénégambie et de la Manoriva Union. Donc, on va aborder tous les thèmes durant cette semaine-là. L’objectif, c’est amener surtout cette approche pluridisciplinaire. C’est pour amener les gens à comprendre que l’intégration n’est pas que de l’histoire.
Si on parle de l’unité africaine aujourd’hui, les gens peuvent penser qu’on fait de l’histoire. Que de l’histoire, non ! On parlera de l’histoire de l’intégration africaine. Les pères fondateurs de cette intégration, les acteurs, les atouts, les défis. Aujourd’hui, on va parler des obstacles. On refera le bilan et on parlera des obstacles de cette organisation qu’on appelle aujourd’hui Union africaine’’, a indiqué Dre. Safiatou Diallo.
Venue du Cameroun, Lucie Mbogni Nankeng, de l’université de Dschang, est conférencière. Animant un panel sur le rôle de la culture dans l’intégration africaine, elle a déclaré que beaucoup de choses ont été dites sur le rapatriement des œuvres d’art africaines spoliées par l’Occident. Sauf qu’elle se demande comment se fera ce rapatriement sur le continent.

‘’Il faut savoir ce que nous voulons faire avec nos patrimoines demandés à nous être restitués ou même ceux qui restent sur le continent’’, estime la Camerounaise, qui invite par ailleurs les Etats à aider la société civile à faire vivre les centres culturels africains, à organiser des rencontres culturelles entre grands groupes ethniques et grands groupes étatiques. A l’en croire, la création des mouvements culturels autour des communautés, permettra de fédérer les efforts vers une unité africaine réelle.
‘’J’interpelle la jeunesse à prendre ses responsabilités. Beaucoup de choses sont en train d’être faites, malgré le blocage institutionnel. La jeunesse doit penser à des approches de promotion et d’accompagnement du patrimoine africain’’, a-t-elle interpellé.
La culture, facteur de développement…
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Baïlo Téliwel Diallo, était le deuxième conférencier. Dans son speech de 15 minutes, cet imminent historien et homme de culture a rappelé que les Ballets africains sont nés en France, sous le leadership de Keita Fodéba. Le but selon lui, était de représenter la culture et la danse africaines sur la scène internationale.

‘’A l’indépendance, les Ballets africains deviennent les Ballets africains de Guinée, un ensemble folklorique : un peu de chaque ethnie (instruments), de chaque culture, pour un ensemble africain riche en culture’’, rappelle-t-il à cette occasion. Mieux, il précise que la Mamaya de Kankan n’est pas que divertissement.
‘’Je trouve en elle un projet d’ouverture au monde. Il revêt une dimension planétaire. On aurait pu croire que c’est pour Kankan, mais non. Les peuples africains sont en avance par rapport aux États en termes de considération de la culture comme un facteur de développement. On l’observe dans la façon de s’habiller, de franchir les frontières, de parler (…)’’, a-t-il abordé.
L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique de 2012 à 2016 s’est ensuite réjoui de cette initiative du Centre d’innovation et de recherche pour le développement (CIRD).
‘’C’est un centre dont les Guinéens peuvent être fiers, parce que le centre est en Guinée, mais dont la vocation est justement panafricaine, et qu’ils ont organisé cette rencontre internationale, parce que nous avons des étrangers. Qu’il l’ai organisé ici à Conakry est l’une des meilleures choses qu’ils pouvaient apporter aux intellectuels guinéens, aux enseignants, aux étudiants, et on l’espère aussi aux autorités guinéennes, afin que des initiatives en initiatives, comme l’a souligné notre sœur Docteure qui est venue du Cameroun, que les petites initiatives finissent par se fédérer pour donner des ruisseaux, des ruisseaux seront encore préférés à des rivières, des rivières, des fleurs, et les fleurs se jetteront dans le grand océan, pour le continent, pour faire du panafricain aussi’’, s’est réjoui M. Diallo.
C’est l’université Nongo Conakry (UNC) qui a abrité cette deuxième journée de la semaine de l’intégration africaine. Pour son fondateur, plusieurs notions sur l’histoire et la culture africaine seront bénéfiques pour les étudiants qui ont suivi les débats d’imminents experts.

‘’On a appris beaucoup sur l’histoire, sur la culture africaine, donc, c’était vraiment tout ce qu’on pouvait faire. C’est une très bonne initiative, je demanderai au CIRD de multiplier ce genre d’initiatives qui vont vraiment dans l’intérêt du peuple guinéen. Mais aussi il suffit d’avoir pensé aux établissements, vraiment d’abriter ce genre de compétences, justement ça doit avoir lieu au CIRD. La culture africaine elle est enseignée plutôt à la jeunesse, donc, un peuple qui ne connaît pas son histoire ce n’est pas un peuple. Donc, vraiment, on invite tout un chacun de prendre connaissance de l’histoire et surtout de l’historique’’, a souligné Dr. Mamadou Cellou Souaré.
Lancée le 23 octobre par le président du Conseil national de la Transition, Dr. Dansa Kourouma, la Semaine de l’intégration africaine se déroulera jusqu’au 28 octobre prochain, à Conakry.
Madiou BAH.