La rentrée scolaire session 2023-2024 a été effective sur l’ensemble du territoire national, avec une absence des élèves dans les salles de classes. À Kankan, les enseignants contractuels ont marqué cette ouverture des classes par leur absence dans tous les établissements scolaires publics de la ville.
Ce bras de fer entre le gouvernement guinéen et les enseignants contractuels est loin d’atteindre son épilogue, comme nous indique Namory Camara, professeur de Physique au lycée 3 avril et vice-coordinateur des enseignants contractuels de la région de Kankan.
‘’Comme nous l’avions annoncé préalablement, les enseignants contractuels n’ont qu’à rester à la maison, et la décision a été suivie à la lettre, car nous, les enseignants contractuels, avons fait une prise de conscience. Nous avions signé un contrat d’un an avec le gouvernement et avons respecté notre engagement, mais le gouvernement n’a pas respecté sa part du contrat. Ce que le gouvernement oublie, en particulier le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, c’est que la plupart de ces enseignants contractuels évoluent dans les salles d’examen. Vous imaginez, durant toute l’année scolaire 2023, nous n’avons reçu le salaire que de trois (3) mois, et les primes d’incitation ne sont toujours pas payées à ce jour. C’est pourquoi, nous avons dit à tous les enseignants contractuels de rester à la maison jusqu’à nouvel ordre’’, a-t-il souligné, avant de mettre en garde que tout enseignant contractuel qui sera surpris en train d’enseigner sera exclu de leur groupe et signalé au niveau national.
‘’Je dis et je préviens, que quiconque sera appréhendé en situation de classe, la personne sera automatiquement exclue de notre corporation, et son nom sera remonté à Conakry, afin que la personne soit également retirée de la liste nationale. C’est pourquoi, nous avons mis en place un comité pour parcourir les différentes écoles et vérifier réellement quels sont les enseignants contractuels qui sont en situation de classe et faire remonter leurs noms au niveau national’’, a-t-il précisé.
À la question de savoir s’ils vont se retourner dans les salles de classe avant les concours, il répond : « Je vais vous dire que ce problème se situe à deux niveaux. Le premier niveau concerne le paiement des arriérés, ce point-là est non négociable, c’est obligatoire que le gouvernement paie car le travail est déjà effectué. Le deuxième point concerne l’intégration à la fonction publique. Même si aujourd’hui l’État paie intégralement nos primes et nos arriérés, la décision reste la même, car nous avons travaillé pour l’État pendant des années. L’État devrait également considérer cela comme notre concours », a-t-il dit.
En outre, il précise que l’État prévoit un concours pour les enseignants contractuels, mais il insiste sur la nécessité que ce concours soit réservé uniquement aux enseignants contractuels : « L’État va nous soumettre à un concours et pendant la proclamation des résultats de ce concours, il y aura deux groupes, les admis et les non admis. Pourtant, ces enseignants contractuels ont tous travaillé pour la Nation. Est-ce qu’on va les rejeter comme ça ? La coordination sera donc obligée de défendre ces enseignants contractuels. C’est pourquoi, le concours doit être formel et réservé uniquement aux enseignants contractuels », a-t-il ajouté.
Enfin, Namory Camara lance une invite aux enseignants contractuels à maintenir leur grève jusqu’à nouvel ordre : « J’invite tous les enseignants contractuels à rester à la maison jusqu’à nouvel ordre, car nous n’accepterons plus que le gouvernement nous manipule encore.»
Depuis Kankan, Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.