Le discours du président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya à l’Assemblée générale ordinaire des Nations-Unies est diversement apprécié en Guinée. Des acteurs politiques, de la société et même des citoyens, chacun y va de ses commentaires. Interrogé par nos confrères d’Espace FM ce vendredi, 22 septembre 2023, le responsable de la planification du front national pour la défense de la constitution (FNDC) a aussi donné son avis par rapport au discours du Colonel Mamadi Doumbouya.
Dans son intervention, Sékou Koundouno a traité le discours du président de la transition de propagandiste, souverainiste, mais aussi de panafricaniste. Pour lui, c’est un discours à la mode des auteurs de coups d’État.
‘’Comme il fallait si attendre, Mamadi Doumbouya n’a pas manqué de tenir le même discours actuellement à la mode dans la bouche de la plupart des putschistes. C’est un discours de propagandiste, c’est un discours de souverainiste, mais aussi, un discours panafricaniste. Un discours dénonçant un système démocratique selon eux, qui nous a été imposés par l’Occident. Mais nulle part dans ce discours, Mamadi Doumbouya ne fait cas des conditions idoines pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. Mais dans un discours, ce qui est très important, il y a deux éléments fondamentaux qu’il faut absolument prendre en compte : il y a le contenu et l’auteur du discours. Dénoncer actuellement l’Occident, mettre la responsabilité de la gouvernance des échecs de nos pays sur les puissances étrangères, en le présentant comme le symbole contesté, c’est le sport favori des juntes actuellement dans la sous-région. Le Mali, le Burkina, la Guinée, le Niger n’importe quel petit putschiste aurait tenu le même discours, pour séduire une certaine jeunesse africaine. Mais ce qu’il y a lieu de retenir, le discours tenu par Mamadi Doumbouya et ses homologues, ce sont des discours qui sont faux’’, a-t-il déclaré, avant de se prononcer sur le volet démocratie du discours de Colonel Mamadi Doumbouya.
‘’Nous à notre niveau aujourd’hui, dénoncer le modèle démocratique occidentale selon eux sans pourtant proposer. Il n’y a pas de démocratie adaptée aux réalités africaines, dans la mesure où, elle est universelle et tous les aspects de ce concept là sont des aspects qui sont partagés par la plupart des États. Je suis d’accord sur des questions culturelles, des questions d’ordre sociologique, l’homosexualité est un fait qu’on ne peut pas admettre dans notre pays. Mais qui ne peut pas admettre qu’il y a pluralité de l’opinion politique ? Qui ne peut pas admettre les contradictions dans les débats politiques? Qui ne peut pas admettre qu’il y ait l’alternance à la tête de l’État ? Qui peut admettre que tous les faux problèmes de notre pays qu’on les résume aux civiles ? Qui peut admettre que les militaires sont des modèles ? Tout le reste du discours, c’est des blablas, c’est du déjà entendu et je pense bien qu’il s’est prêté à une scène irréaliste à la tribune des Nations-Unies, en se présentant comme le porte-parole de tous les putschistes. Ce qui n’honore pas notre République, ce qui pourrait même braquer les différentes puissances contre la Guinée, dans la mesure où, ils comprendront que la Guinée est en train d’aller dans une démarche de Wanted. On se rend compte que Doumbouya remet en cause le concept de la démocratie, il remet en cause un certain nombre de dysfonctionnement lié à ce principe que lui-même prétend implémenter. Sans pourtant s’attarder sur ce pan de son discours, ce qui m’attriste est que devant les partenaires multilatéraux, nulle part le retour à l’ordre constitutionnel n’a fait l’objet de débat. Dans ce discours, nous constatons que celui qui tient le discours a le mépris pour la démocratie, il a le mépris pour les droits de l’homme, il a le mépris pour ceux qui pensent que l’Afrique doit ressembler au concert des nations civilisées. C’était une opportunité que la Guinée a perdu’’, souligne Sékou Koundouno, qui a par ailleurs déclaré que le président de la transition guinéenne cherche des voies et moyens pour être candidat aux prochaines élections présidentielles.
‘’J’ai l’intime conviction et je défie quiconque, Doumbouya cherche des voies et moyens pour être candidat, si le peuple ne l’empêche pas, il sera candidat’’, a lâché le responsable de la planification du FNDC.
Facinet CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
