Créée en 1999 avec l’appui des partenaires français, dans le souci de répandre la connaissance à travers la lecture, la bibliothèque Alpha Fofana de Kissidougou se trouve de nos jours dans un piteux état, tant au niveau de l’infrastructure elle-même, qu’au niveau des documents et autres accessoires.

Ainsi, le premier danger qui guette cette infrastructure concerne la sécurité des livres, qui est menacée par les eaux de pluie, à cause de la vétusté poussée de la toiture avec des feuilles de tôle et des plafonds troués à plusieurs endroits, devenus par conséquent un abri favorable aux souris, rats et autres reptiles dont les mouvements parfois dérangent les lecteurs qui ont le courage de fréquenter les lieux.

À cela s’ajoute, l’inconfort des salles de lecture et d’animation qui ne sont équipées que de vieilles chaises et tables branlantes. En plus, les 14 rayons que compte la salle de lecture, ne sont protégés ni par les vitres ni par des grillages. Aussi, les livres ne sont pas tellement attrayants pour le public cible que sont les élèves.
Face à tous ces facteurs qui concourent à sevrer la bibliothèque de lecteurs, madame Kourouma née Mariam Camara, directrice de la bibliothèque préfectorale, tire la sonnette d’alarme.

‘’Notre bibliothèque comprends une salle de lecture qui comporte 3381 livres dont 31 livres de littérature africaine, une salle d’animation, un bureau, un magasin et des latrines. Franchement, j’avoue que nous sommes confrontés à d’énormes difficultés liées à la dégradation surtout du toit qui est complètement défectueux. Donc, à ce niveau, la menuiserie doit être refaite. Quand il pleut, je suis obligée de déposer les seaux sur les rayons pour ne pas que l’eau touche les livres. Mais malgré mon effort, il y a un rayon dont les livres commencent à être endommagés. En ce qui concerne les livres, il y a CELPAC qui nous fournit mais à date, notre bibliothèque a besoin des livres qui sont adaptés aux programmes enseignés dans nos écoles, je pense que cela permettrait d’attirer les élèves qui sont la cible. Comme vous remarquez vous-mêmes, les meubles doivent être renouvelés pour apporter plus de confort à la salle de lecture. C’est pourquoi, j’interpelle les autorités à tous les niveaux et les personnes de volonté sans oublier les ressortissants de Kissidougou à Conakry, de tout faire pour rendre ce bibliothèque plus moderne. Je vois même que cela est urgent’’, a-t-elle déclaré.
En vue d’épauler la directrice dans ce combat quotidien, qui consiste à sauver l’image de cette bibliothèque préfectorale, un groupe de jeunes volontaires regroupés au sein de l’A.J.A.B (Association des Jeunes pour Aider notre Bibliothèque), ont décidé d’apporter leur expertise en termes de communication et de plaidoyers, pour attirer l’attention des décideurs sur ce précieux édifice. La coordinatrice, Amezonli Djima, apporte des précisions sur les démarches de cette association.

‘’En tant que jeunes de Kissidougou, c’est d’abord un devoir citoyen pour nous de nous associer à ce combat. Donc, nous avons mis en place ce club pour être mieux écouter par les autorités. Nous avons une page Facebook où nous exposons les difficultés de notre bibliothèque et aujourd’hui, nous sommes rassurés que nos appels tomberont dans de bonnes oreilles un jour. En ce qui concerne la faible fréquentation, nous comptons aller vers les écoles dès la rentrée prochaine, pour essayer de sensibiliser les élèves à s’adonner à la lecture. Je profite de votre site d’information, pour inviter tous les fils de Kissidougou où qu’ils soient, de venir au secours, car si on agit pas vite, cette bibliothèque risque de s’éteindre’’, a-t-elle lancé.
Naturellement, toutes ces difficultés énumérées ci-haut, contribuent à impacter le taux de fréquentation de ladite bibliothèque. Ainsi, il faut être beaucoup chanceux pour rencontrer au moins un lecteur dans cette grande salle de lecture. C’est le cas d’Aboubacar Sidibé, enseignant contractuel, passionné de lecture, qui énumère quelques remarques.

‘’La lecture c’est ma passion. Si je fais une journée sans lire, je risque de tomber malade. Ainsi, les livres sont mes meilleurs amis, c’est pourquoi, je suis régulier ici. Mais je fais un constat amer, c’est que je suis presque le seul qui ici. Pourtant, il y a des bons livres dans les rayons, mais les gens n’aiment pas lire. A part ça aussi, la bibliothèque a besoin de rénovation, le plafond est rempli de souris et il y a des trous partout, donc les livres sont en danger. Le personnel qui est là est très régulier, car chaque fois que je viens, je trouve la salle ouverte. J’invite les jeunes à fréquenter la bibliothèque, pour acquérir des connaissances nouvelles’’, a-t-il recommandé.
À noter que, l’actuel bâtiment qui abrite la bibliothèque préfectorale de Kissidougou, est bâti sur les ruines de l’ancien bâtiment vandalisé, puis réduit en cendres par les populations en colère, à l’occasion des événements douloureux que le pays avait connus en 2007.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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