L’Algérie, voisin immédiat du Niger et partie prenante dans les affaires du Sahel où elle entend jouer pleinement sa partition et cherche depuis toujours à abattre ses cartes, aimerait jouer les premiers rôles dans l’épineux dossier du Niger.
Ainsi, a-t-elle concocté un plan de sortie de crise atypique, présenté aux autres intervenants dans la crise à la faveur d’une petite tournée de sensibilisation menée au pas de course par son ministre des affaires étrangères dans certains des pays de la CEDEAO qui constituent le bloc de la fermeté : Nigeria, Ghana et Benin.
L’Algérie, paraît avoir fait un rétropédalage questionnable tant le ton , mi-figue, mi-raisin, d’aujourd’hui tranche avec celui, sans concessions, des débuts. Le Président Tebboun, a été l’un des premiers Chefs d’Etat du monde, a exigé le retour à l’ordre constitutionnel au Niger ainsi que le rétablissement dans ses fonctions de Mohamed Bazoum, président élu du pays, face au Général Tchiani qui a décidé, sur un coup de tête, d’occuper, indûment le palais.
Si jusqu’ici, c’est la position la mieux partagée, sans cesse réitérée aussi, il faut dire que l’Algérie pour sa part, embouche maintenant, une autre trompette. L’ambassadeur d’Algérie à Niamey, est passé par là !
Le représentant du Président Tebboun. au Niger , échange, plusieurs fois, par jour, avec l’ancien Président Nigérien, Mahmadou Issoufou qui a fini par le convaincre de l’option d’une transition mise sur la table par une junte qui joue la montre pour conserver un pouvoir qu’il veut arracher par les armes. Il ne faut pas cependant croire que le diplomate Algérien roule pour le Général Tchiani et ses complices. Tous ceux qui l’ont rencontré ou ont eu l’occasion de parler avec lui, sont unanimes qu’il bat ouvertement campagne pour l’ex-futur Président du Niger, trouble personnage du landerneau politique nigérien, l’intrigant issoufou. Celui-ci, à en croire, l’ambassadeur de l’Algérie, serait le civil consensuel idéal, suggéré par son pays pour diriger le Niger pendant la période de transition escomptée. Il est déjà le médiateur auto-désigné surtout pyromane entre le Général Tchiani et son otage, le Président légitime du Niger, Mohamed Bazoum. Mahmadou issoufou serait prétendument écouté et respecté par toutes les parties. Lorsqu’on fait remarquer au diplomate algérien, que des acteurs importants comme Hama Amadou et Mahmane Ousmane sont opposés à son candidat pour conduire la transition, il rétorque qu’ils ne comptent pas et ne pèsent pas beaucoup sur l’échiquier national.
Converti en directeur de campagne d’un ancien Président qui rêve à nouveau de diriger, plutôt, de vampiriser encore le Niger , parce que nul autre que lui dans toute la longue histoire des Nigériens n’a osé piller le pays autant que lui, l’hôte Algerien a réussi à embarquer son Président et son Gouvernement dans son projet illusoire d’une transition possible avec le Général Tchiani ou tout autre, Issoufou ou Tartempion. Ce qui explique que l’Algérie ne soit pas dans le registre commun des exigences de départ. Comme l’ambassadeur d’Algérie a influencé la ligne de son Gouvernement, lui aussi, a été recruté par Dame Malika , une des épouses de Issoufou dont il est très proche, pour défendre la mauvaise cause de son époux pouvoiriste. Madame issoufou, est considérée d’origine algérienne. Elle est surtout présentée par tous comme le mauvais génie de son conjoint qu’elle pousse dans l’ombre à tous les excès et dérapages afin de satisfaire leur boulimie partagée du pouvoir et leur appétence commune pour le démon argent. Le peuple nigérien le sait. C’est pourquoi il voue une haine viscérale au couple vorace, le plus impopulaire , de tous les temps, du Niger.
L’Algérie, peut être de bonne foi dans sa démarche, mais, est très isolée parce que seule à s’engager dans la complaisance avec les putschistes, à céder au chantage et aux manipulations d’un Issoufou qui se croit plus malin que tous. Le Mali à côté, où son accord de paix est en souffrance, a plus besoin de son attention, devrait davantage la mobiliser que le Niger pris en charge par une communauté internationale unie et solidaire qui ne peut se soumettre à un projet solitaire ni cautionner une voix discordante. D’ailleurs, elle a fermé sa porte à Mahmadou Issoufou parce qu’elle ne souscrit pas à son agenda et désapprouve son hypocrisie et ses mauvaises intentions. Chacun est définitivement convaincu qu’il est le ver dans le fruit.
Pendant que la junte agonise, Iblis Issoufou s’immole dans le feu de ses fourberies, la communauté internationale après le déluge des sanctions contre le Niger provoqué par les errements d’un Tchiani en sursis, affûte ses armes pour remettre sur les rails la Démocratie nigérienne , réinstaller le Président Bazoum dans ses fonctions, de gré ou de force.
Tout le reste n’est que vanité et pure diversion.
Docteur Mohamed Camara