La junte nigérienne continue de se débattre dans l’amas de difficultés qui l’assaille. Cernée de toutes parts, elle n’arrive pas à affirmer son autorité ni à convaincre de sa légitimité. Abandonnée de tous, elle glisse sur le terrain de la basse propagande dont c’est le fort des régimes autoritaires qui, pour se maintenir et assurer leur survie, essaient toujours d’abuser de l’opinion. Comme dans l’art de la guerre, de Sun Tzu, il faut savoir cependant s’engager et comment s’engager , c’est-à-dire , ne pas s’aventurer en terrain inconnu avec un adversaire autant inconnu : ‘ celui qui se connaît et connaît son adversaire ne sera jamais vaincu’ˆ, enseigne le général chinois.
Pour qui connaît le Président Mohamed Bazoum, sait qu’il n’est pas homme à abdiquer, capable de violer son serment et trahir son peuple. Ceux qui le retiennent en otage ou d’autres qui voudraient soutenir les putschistes , devraient commencer par se résoudre à la force de conviction du Président légitime du Niger et à se résigner à son courage dans l’adversité. Ce ne sont pas des expédients utilisés pour tronquer la vérité et distraire du désarroi de militaires pris à leur propre piège qui pourront avoir raison de lui encore moins la ruse d’amateurs dans les médias. Il a gagné la bataille de l’opinion et de la légitimité , parce que personne ne doute qu’il soit l’élu des Nigériens, tout le monde s’est rangé derrière lui.
La Russie officielle, a condamné le coup d’Etat qu’elle serait mal inspirée de soutenir maintenant. Elle a demandé que l’ordre constitutionnel soit rétabli, elle ne peut se déjuger. Le reste relève d’une querelle d’influence entre puissances mondiales et d’une course au profit dont le Niger ne sera pas le théâtre ou la victime expiatoire et collatérale.
C’est vrai qu’on s’est habitué à entendre des officiels russes, un son de cloche différent des actions et de la démarche de médias , d’officines, de groupes d’intérêts parfois para-militaires comme le monstre Wagner qui leur sont affiliés, mais, les enjeux au Niger commandent de la part de tous une position de principe et de fermeté. La politique africaine de la Russie et son image sur le continent pourraient pâtir à terme de sa position ambivalente dans les grands dossiers et des manœuvres sournoises de ses ramifications. D’où la nécessité d’un sursaut de conscience des amis et partenaires russes pour préserver l’avenir et respecter l’histoire des relations russo-africaines.
Docteur Mohamed Camara