En vue de la mise en application du repos biologique, le Ministère de l’environnement et du développement durable, s’est récemment fendu d’un communiqué radiodiffusé, interdisant les activités de la coupe et du transport du bois sur toute l’étendue du territoire, allant de la période du 1er juillet au 30 septembre 2023.
À Kissidougou, une zone où l’exploitation forestière est plus propice, cette mesure pourtant bénéfique pour notre couvert végétal, est diversement appréciée par les différents acteurs de la filière bois. Cependant, à la direction préfectorale de l’environnement et du développement durable, appuyée par les autorités administratives et l’ensemble des forces de défense et de sécurité, tous les moyens sont déployés pour une bonne applicabilité de cette mesure dans le Kissi-faramaya.
À la tête d’une équipe, le lieutenant Karifala Kourouma, le directeur préfectoral de l’environnement et du développement durable de Kissidougou, a présenté d’abord la végétation de cette région.

‘’Kissidougou se trouve à cheval entre la Haute Guinée et la Guinée forestière et présente un paysage à deux visages. C’est pourquoi, au nord vers Faranah c’est la savane arborée et vers le sud du côté de Guéckédou c’est la forêt éclaircie. Présentement, Kissidougou possède Six (6) forêts classées dont celle de Kôlôwa dans Gbangbadou, qui est la plus vaste et celle de Bambaya dans Sangardô, la plus dense. Nous avons aussi les forêts communautaires’’, a-t-il fait remarquer.
Poursuivant, notre interlocuteur s’est aussi exprimé sur les bienfaits de ce repos biologique, avant de rappeler les dispositions prises pour veiller à sa mise en œuvre.
‘’L’observation de ces trois mois de repos figure dans notre convention par rapport à l’exploitation forestière en Guinée. N’oublions pas que dans ces forêts, il y a des espèces qui y vivent, donc, il est normal qu’on leur donne un temps pour mieux se reproduire, tandis que, nous autres profitons pour reboiser abondamment. Aussi, cette mesure permet de protéger nos pistes rurales qui seront à l’abri des gros porteurs et encore c’est pour permettre à tout ce beau monde de se réorienter sur les activités agro-pastorales.
Concernant l’applicabilité, ma Direction est soutenue par le cabinet de Monsieur le préfet et les différentes collectivités. Donc, concrètement, nous avons mis en place une brigade opérationnelle. Si un contrevenant tombe dans nos filets, nous appliquons le code forestier qui est notre guide en matière, et l’intéressé risquerait alors de se retrouver devant les juridictions. J’interpelle l’ensemble de la population à respecter cette période d’interdiction, car la végétation c’est notre protection et c’est le meilleur héritage qu’on puisse laisser à nos petits-fils’’, a-t-il conseillé.
Mamadi Tounkara, président de la filière bois à Kissidougou, rassure la population de l’existence d’un stock important.

‘’Je salue cette mesure qui est importante pour nous et les futures générations. Seulement, je dois signaler que parfois, il y a des hommes en uniforme qui profitent souvent de cette période, pour créer des problèmes à mes membres. Donc, j’interpelle les autorités à veiller sur cet aspect. Malgré que nos activités seront au ralenti, nous sommes obligés de respecter la loi. Je profite pour rassurer tout le monde à Kissidougou qu’il n’y aura pas de crise, car nous possédons un important stock et suffisant’’, a-t-il déclaré.
Du côté des menuisiers de la ville, cette mesure est accueillie avec méfiance et peur. C’est le cas de Kairifa Mara, grand maître menuisier au quartier TP.

‘’Personne ne peut être contre cette interdiction, mais si nous nous référons des années passées, nous les menuisiers devons être inquiets, parce que les prix des bois vont monter en flèche. Nous craignons qu’en cette période de conjoncture, que les clients ne nous fuient. J’interpelle l’État à veiller sur le prix du bois pour ne pas que les gens profitent pour fixer des prix fantaisistes’’, a-t-il lancé.
À signaler que ces trois mois d’interdiction constituent une période de vaches maigres pour une certaine catégories de personnes dans ce domaine. A savoir : les maîtres scieurs, les jeunes transporteurs qui étaient chargés de drainer les bois sciés de la forêt vers les zones accessibles et les chargeurs.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.