La Guinée est un pays où l’on aime se fier aux apparences trompeuses, tomber dans le triomphalisme et fabriquer des mythes.
On encense une diplomatie qui tourne au ralenti et célèbre un ministre qui s’auto-satisfait de ses résultats alors qu’il n’a brillé jusqu’ici que dans la grandiloquence afin de masquer des limites et faiblesses de son action, chaque jour révélées, à la face du monde.
Heureusement que la Guinée, n’est pas le seul pays engagé dans une transition. Elle est d’ailleurs logée à une meilleure enseigne que les autres pays dans la même situation politique qu’elle, parce qu’elle ne connaît ni guerre, ni une crise politique et diplomatique ouverte et violente avec l’occident. Il n’y a donc pas péril en la demeure. Dans un contexte aussi favorable qu’un long fleuve tranquille, la tâche est encore plus aisée pour des dirigeants bien inspirés et très éclairés, pour marquer des points. Or, ce sont les transitions qui sont dans des zones de turbulences, payent un lourd tribut dans la lutte contre la nébuleuse terroriste qui arrivent à tirer leur épingle du jeu, grâce à l’habilité et au bagou de ses acteurs.
Ce sont des hommes et des femmes capables qui manquent le plus à la transition dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya. Lui-même, s’en est rendu compte à l’épreuve de la réalité du pouvoir après l’opinion qui, très tôt a décelé les signes de l’amateurisme et de l’improvisation au sommet de l’Etat.
Et, ce ne sont pas sûrement les campagnes d’auto-promotion des ministres eux-mêmes ou les flagonneries qui leur sont adressées qui pourraient donner le change.
Morissanda parle pour plaire, quitte à déformer la réalité, à bercer les Guinéens, d’illusions. La parenthèse de l’AVN, avec le Maroc, en est une parfaite illustration. Il s’est précipité à annoncer la « bonne nouvelle » de ce verrou qui aurait sauté alors que dans les faits, il n’en est rien jusqu’aujourd’hui. Que dire de ses propos, après chaque sommet de la CEDEAO, pour édulcolorer les décisions et les positions, clairement exprimées ?
En Guinée comme dans tous les pays dirigés par des gouvernements de transition, il n’y a pas eu encore des mesures de rétorsions drastiques. Ce n’est à l’actif de personne. N’importe qui à la place de Morissanda aurait joui de la même tolérance à l’égard des coups d’Etat dans les relations internationales. Il n’y a pas donc de quoi pavoiser.
Dans les milieux diplomatiques et même pami ses collègues ministres, il est désormais établi qu’il y a ce que Morissanda Kouyaté dit, pense et veut faire croire et la réalité des choses. Du coup, le colonel Mamadi Doumbouya ne peut prendre le pouls diplomatique réel ni anticiper les problèmes, à cause des pirouettes de son ministre des Affaires Étrangères qui lui fait croire que tout va bien dans le meilleur des mondes pour qu’il conclue à son efficacité devant les « performances » agitées.
Si le Malien préfère rester à domicile pouvant compter sur son ministre des Affaires Étrangères, Abdoulaye Diop qui contrairement à son homologue guinéen n’est pas un néophyte dans la diplomatie. Le Tchadien qui, lui aussi, a un diplomate chevronné, comme ministre des Affaires Étrangères, est reçu partout où on lui déroule le tapis rouge. Le Guinéen est le bleu du groupe.
Le Colonel Mamadi Doumbouya, adoubé par les Chefs d’Etat notamment de la sous-région est maintenant éloigné de beaucoup d’entre eux , peine à s’imposer sur la scène internationale malgré tous ses atouts et la ferveur qui a suivi son avénement historique au pouvoir.
D’ailleurs, la plupart du temps, c’est lui qui renoue les contacts, maintient le dialogue, bref négocie directement avec ses pairs, à l’insu de son ministre occupé à d’autres choses. Comment, peut-on alors parler d’une diplomatie qui marche à moins que la référence ne soit les déclarations tonutriantes et le plus souvent incongrues?
L’autre « bilan » de Morissanda Kouyaté est d’avoir peuplé les ambassades du pays de « nouveaux diplomates comme lui tombés du ciel sans référence ni culture diplomatiques, même sommaires, dans des conditions douteuses et pour des raisons obscures. La compétence et l’expérience attendront qu’il passe la main à un ministre qui sait de quoi il parle, maîtrise son sujet. En attentdant, les numéros d’illusionnistes, font mal au pays et à sa diplomatie. On a connu mieux.
A suivre…
La rédaction !