Le procès intenté par les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), contre le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des droits de l’homme, s’est poursuivi ce vendredi, 23 Juin 2023, devant le tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry.
Au cours de cette audience, les avocats du ministre de la justice ont purement et simplement demandé au juge de se déclarer incompétent et de se dessaisir du dossier.
‘’Pour poursuivre un magistrat, il y a une immunité juridictionnelle qui est prévue par l’article 34 de la loi portant statut des magistrats en République de Guinée. Cette loi exige préalablement à toute poursuite contre un magistrat, l’avis du Conseil supérieur de la magistrature. Malheureusement, cette citation directe a été initiée sans que M. Oumar Sylla et Cie n’aient obtenu l’avis du conseil supérieur de la magistrature. Ce qui du coup, rend irrecevable la citation directe’’, a estimé Me Lancinet Sylla, un des avocats du prévenu Alphonse Charles Wright.
De son côté, Maître Salifou Béavogui, un des conseils des activistes du FNDC, affirme que les infractions commises par le prévenu ont été faites, en tant que justiciable des juridictions de droit commun.
‘’Les avocats du prévenu sont venus soulever ici l’irrecevabilité de notre action, au motif que Charles Wright serait magistrat et qu’il bénéficierait d’un privilège de juridiction. C’est oublier que nous sommes dans un régime d’exception, géré par la charte de la transition. Ensuite, toutes les infractions qu’il a eu à commettre, il les a commis en tant que justiciable des juridictions de droit commun’’, a-t-il laissé entendre.
Pourtant récusé par le leader du FNDC, c’est le juge Ibrahima Sory II Tounkara qui dirigé ce procès. Après avoir écouté les deux parties, il a renvoyé l’audience au 03 Juillet prochain, pour le délibéré sur les exceptions soulevées.
Hady MINTHE, pour Lerevelateur224.com.