La préfecture de Coyah est devenue ces derniers temps, la plaque tournante du trafic de la drogue et des faux billets. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Coyah, vient de saisir une impressionnante quantité de faux billets de dollars dans une valise et trois autres coffres-forts numériques fermés dans une concession à Somayah.
L’opération digne d’un film hollywoodien a été menée le week-end dernier. Cette quantité de faux billets en devise a été découverte dans la concession qui appartiendrait à Elhadj Ibrahima Bah, à Somayah,-une localité relevant de la commune rurale de Maneah-, par les officiers de Police Judiciaire de la compagnie de gendarmerie territoriale. C’était en présence des autorités communales et préfectorales.
‘’J’ai été informé par les officiers de Police Judiciaire de la compagnie de gendarmerie territoriale, de l’existence d’un objet suspect dans une maison qui se situerait à Somayah, précisément dans le secteur Kacho. Aussitôt, j’ai les ai requis de faire une descente sur les lieux, afin de procéder à la percussion bien attendue avec la participation des autorités locales et préfectorales. C’est en présence du maire et du représentant du préfet et de l’huissier. Après l’ouverture de cette concession, il y a une découverte d’une bonne quantité de faux billets en dollars, dans une valise et trois coffres-forts numériques fermés et une machine de fabrication de faux billets. Malheureusement, aucun autre objet n’a été retrouvé dans cette concession, seulement que ces objets suspects. J’ai décidé que ces objets soient pour un premier temps gardés au niveau de la juridiction, pour éviter des déperditions. Alors, j’ai requis le directeur de l’habitat de Coyah, à l’effet d’identifier le véritable propriétaire. Et ce travail fut accompli dans un bref délai et il nous a été révélés que cette maison appartiendrait à un certain Elhadj Ibrahima Bah, mais qui ne vit plus’’, a-t-il déclaré.
Selon l’empereur des poursuites judiciaires au TPI de Coyah, aucun dossier n’est classé au nom du nommé Elhadj Ibrahima Bah au niveau de l’habitat, en ce qui concerne le plan de masse et du foncier du domaine appartenant à ce dernier.
‘’Alors nous avons poussé les enquêtes, parce que vous n’êtes pas sans savoir que les enquêtes financières ne sont pas comme les autres enquêtes ordinaires. Ça demande assez de temps, assez de technicité, assez de moyens. Alors avant d’ouvrir une information judiciaire à propos cette procédure pareille, le parquet doit faire sa partition. C’est alors poser des actes allant dans le sens de la découverte d’un certain nombre d’éléments de preuves ou d’indices pouvant vraiment permettre d’être orienté pour ne pas arrêter les personnes non intéressées par la procédure ou procéder de façon précipité au placement des personnes en détention ou en garde de vue des gens qui ne devraient pas l’être. Donc, nous avons continué nos enquêtes, c’est ce qui a amené le parquet pour un deuxième temps à recenser les numéros, parce que quand l’huissier a fini de faire son travail, le nom du véritable propriétaire est ressorti. La personne qui a aidé le défunt à construire ce bâtiment, était connu, je tais les noms, parce que vous le savez en matière de procédure, il faut faire les choses de façon secrète, c’est très important, pour ne pas faire une sorte de fuite en avant. Je viens de vous dire que c’est suite à une dénonciation et par anonymat d’un citoyen de la localité, comme quoi, il y a quelque chose de suspect qui se passera nuitamment et de façon régulière dans une concession à Soumaya, alors que cette information m’avait été remontée et aussitôt j’ai requis et à ce qu’une descente et une perquisition soit faite dans cette concession. Et c’est ce qui fut fait C’est à l’issue de cette perquisition, qu’on a eu à découvrir ces faux billets des coffres-forts, mais aussi, une machine. Alors, cela étant, le parquet s’est attelé à faire des courriers à l’adresse non seulement du gouverneur de la Banque centrale, afin de désigner un spécialiste en monnaie, qui puisse évaluer la qualité de ces monnaies là et également, nous avons eu à écrire à la CENTIF, qui doit faire son travail pour toujours aider à ce que les comptes des personnes pour le moment soupçonnées, puissent être aussi sous contrôle, parce qu’au cours de ses enquêtes, nous avons eu le nom de la personne qui occupait la maison avec son numéro de téléphone, mais qui ne passe plus. Le jeune frère qui se chargeait du paiement des loyers de ce monsieur également, le numéro est connu. Le monsieur qui a aidé feu Elhadj Ibrahima Bah à construire cette maison, le nom est connu, le numéro est connu. Alors l’agence immobilière qui a aidé le monsieur en question qui est logé, à avoir cette maison est connue, son nom est connu, le numéro est connu. Ces gens ont fait déjà l’objet d’interpellation de la part des enquêteurs et ont été entendus sur PV. Mais pour l’instant, j’ai préféré les laisser en liberté, parce qu’en matière d’enquête financière, il faut un peu de temps. Les enquêtes financières peuvent prendre des mois, voire même des années, parce que là, il faut des éléments avant de commencer à priver les gens de leurs libertés, parce que c’est complexe, ça demande assez le moyens. Alors, le parquet pour pouvoir ouvrir ces coffres-forts, afin de savoir c’est qui se trouvait aussi à l’intérieur de ces coffres-forts, en bonne et due forme, conformément à la loi, parce qu’on ne pouvait rien dire, en ce qui concerne l’intérieur de ces coffres. Donc, pour une bonne information, comme vous le savez, en matière pénale, tout ce qu’on dit, il faut que ça soit accompagné de preuves. Le serrurier qui est venu pour un premier temps nous a demandé 5 millions, parce que c’étaient des coffres numériques. Alors, les moyens n’étant pas là, nous avons pris un peu de temps, au moins une semaine. Après le parquet a pu se battre par ses moins à trouver 2 500 000 GNF pour que ces coffres-forts fassent objet d’ouverture et cela s’est passé également devant un huissier, qui a fait son constat. Nous avons écrit également à l’ambassade des États-Unis, parce qu’à l’intérieur et dans l’un de ses coffres, nous avons trouvé un document qu’on appelle « top secret ». Ces documents servent de fabrication ou des processus par lesquels, les faussaires confectionnent ces faux billets. Donc, saisir ce document pour un faussaire, c’est plus grave que de saisir tous ses billets. Aujourd’hui, nous avons ce document à notre disposition et que l’effigie même des États-Unis se trouve dessus qui contient un code. Pour ces raisons, nous avons écrit même à l’ambassade des États-Unis, afin de faire sa partition dans cette enquête, pour que nous puissions vraiment traquer les complices, les auteurs et les co-auteurs de ces infractions là. Après cela, nous avons eu également à écrire à l’ARPT pour pouvoir faire son travail par rapport toujours à ce dossier. Donc pratiquement, le paquet a pu faire ce qu’un enquêteur doit faire en tant que procureur. Les personnes impliquées pour le moment dans cette affaire sont toutes des guinéens. Je tais les noms, parce que la présomption d’innocence est l’un des caractères ou est l’un des principes du procès pénal. Donc, je ne saurais tout de suite dévoiler les noms de ces gens-là, parce qu’ils sont présumés innocents jusqu’à ce que qu’un tribunal légalement composé puisse se prononcer sur leur culpabilité. A date, le parquet a estimé que les éléments de preuves qu’il recherchait pour pouvoir ouvrir une information judiciaire sont vraiment à sa disposition. Nous avons eu à demander au président du tribunal de faire en sorte qu’un pool d’instruction soit constitué, juste pour se dossier, afin qu’il soit instruit en bonne et due forme. C’est avant-hier, j’ai demandé de placer ces personnes en garde à vue, le dossier est arrivé hier soir, nous avons eu à saisir un pool de juges d’instruction, composé de deux (2) magistrats à l’effet d’instruire ce dossier. Vous n’êtes pas sans savoir que Coyah est devenu une zone criminogène, où le banditisme règne en maître absolu. Mais il y a un mois ou deux mois de cela, depuis que je suis venu comme procureur de la République à Coyah, j’ai eu à mettre en place des stratégies de lutte contre ce fléau qui gangrène cette ville. Cela, en passant par des rencontres avec les autorités préfectorales et communales, c’est-à-dire tous les citoyens de la base jusqu’au sommet, pour que nous puissions échanger concernant de cette situation de sécurité à Coyah, parce qu’il fallait faire appel aux élus locaux, afin qu’ils puissent faire leur partition, en mettant en place un point d’action ensemble, pour pouvoir éradiquer ce fléau, parce qu’il y avait des attaques en main armée à tout moment. Mais je pense qu’aujourd’hui, la stratégie que nous avons mis en place ces derniers temps, a porté vraiment fruits, parce qu’à date, on entend plus assez quand même des attaques à main armée. La coopération ou la collaboration avec les citoyens est saine, parce qu’à chaque fois qu’il y a connaissance d’une infraction, nous sommes informés en temps réel et cela permet aux autorités de prendre des dispositions, afin de mettre hors d’état de nuit ces grands bandits ou ces malfaiteurs à grand chemin. Mais le cas de saisie de cette importante quantité de faux billets, pour le moment, c’est le premier dossier et c’est à des moments exceptionnels’’, a-t-il mentionné.
Poursuivant, le procureur annoncé qu’il ne compte en aucun cas baisser les bras. Il entend poursuivre cette affaire jusqu’à ce que lumière soit faite.
‘’Le parquet du TPI de Coyah juge nécessaire d’ouvrir une information judiciaire, en saisissant le pool du juge d’instruction pour les infractions suivantes : fausse monnaie, fabrication et mise en circulation et détention, contrefaçon et participation à une association de malfaiteurs, la recèle de malfaiteurs, blanchiment des produits de la fausse monnaie, blanchiment de capitaux en bande organisée et complicité, enrichissement illicite. Ces faits sont prévus et punis par les dispositions des articles : 602, 603, 606, 784, 785, 786, 19 et suivant du code pénal’’, a-t-il laissé entendre.
Mamadi III KONATE, Pour Lerevelateur224.com.
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