La décision du Gouvernement guinéen de réquisitionner l’armée sur l’autoroute le Prince, dans la commune de Ratoma, continue de faire couler assez d’ancres et de salives à Conakry. Une décision qui, visiblement, n’est pas du tout appréciée par certains acteurs politiques, qui prennent à témoin l’opinion nationale et internationale.
C’est pour dit-on sécuriser les personnes et des biens, que le Gouvernement de transition, à travers le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Mory Condé a réquisitionné l’armée sur l’autoroute Le Prince. Histoire d’étouffer dans l’œuf les manifestations des forces vives de Guinée. Ce qui n’est pas du goût de Rafiou Sow, leader du parti PRP, membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie.
‘’C’est une preuve éloquente de la violation des droits et libertés, le droit de manifestation des citoyens. Nous savons très bien que l’armée est déployée en dernier recours, et par le président de la République, selon nos lois. Et non par un ministre et des maires. C’est seul le chef de l’Etat qui a le droit de déployer l’armée, après avoir constaté à travers même une assemblée nationale, des problèmes de trouble à l’ordre public très grave, qui peuvent déstabiliser l’Etat. Donc, ça, nous condamnons fortement. Nous appelons la communauté internationale à prendre toutes ses responsabilités, pour rétablir les droits et libertés en République de Guinée’’, a-t-il fustigé.
S’exprimant sur la récente sortie du ministre Mory Condé à la télévision nationale, Rafiou Sow soutient dur comme fer, que le chef du département de l’administration du territoire et de la décentralisation, est en train de séduire la communauté internationale.
‘’Franchement, le ministre de l’administration du territoire est dans ses euphories d’exagérer les choses et est en train de dédouaner le Gouvernement de transition dans sa dérive. Donc, c’est une façon d’intimider les acteurs politiques et de faire croire à la communauté internationale que les erreurs en matière des droits de l’homme, suspension et tout qu’ils allaient commettre, le déploiement de l’armée, le ministre cherchait à se justifier auprès des institutions internationales, ça, ça ne passe pas’’, a-t-il prévenu.
Par ailleurs, ce membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), coalition politique dirigée par Cellou Dalein Diallo, a mis en garde le chef du département de l’administration du territoire et de la décentralisation, sur sa menace de dissoudre des partis politiques.
Madiou BAH
+224 629 882 628