Suite aux tueries et violences qui ont caractérisé la manifestation du 10 mai dernier sur la route le prince, le Président de l’UFDG a fait une sortie dans laquelle, il a condamné les cas de morts et l’indifférence de la communauté internationale par rapport à ce qui se passe en Guinée. Cette réaction de Cellou Dalein Diallo est mal perçue par les autorités de la transition. Intervenant chez nos confrères d’Espace ce vendredi, 12 mai, le porte-parole du gouvernement se dit être choqué des propos de son ancien mentor.
“Je suis choqué de ces propos de Cellou Dalein. Je pense qu’il doit faire attention et de ne pas considérer qu’il n’est pas responsable de ce qui arrive dans ce pays-là. Il a une part de responsabilité dans tout ce qui arrive, l’exacerbation des tensions dans ce pays. Je pense à un moment ou un autre, il faut qu’il se regarde dessus et qu’il assume cette responsabilité. Ça sert à rien de s’indigner et le lendemain d’activer les tensions pour qu’il y ait des victimes. Quel que soit l’auteur de ces crimes là, quelles que soient des raisons qui ont motivé ces assassinats ou ces meurtres, ceux qui poussent aussi à l’exacerbation des tensions ont une responsabilité évidente. Et à chaque fois que quelqu’un tombe, il perd en légitimité pour prétendre diriger ce pays et c’est extrêmement grave. Quand j’entends ça, je suis choqué. Quand vous êtes indigné parce que des gens sont morts vous ne créez pas les conditions d’un affrontement le lendemain. Si vous faites ça, c’est cynique et c’est inacceptable”, a-t-il déclaré avant d’interpeller les acteurs politiques qui ont appelé à la manifestation à assumer leurs responsabilités.
“Tous ces leaders qui pleurnichent ou qui s’indignent sur les réseaux sociaux qu’ils considèrent aussi qu’ils sont un peu responsable de ce qui arrive dans ce pays là. Parce que le gouvernement a fait ce qu’il faut, mais c’est pas à eux de dictée. Quand on va au dialogue, on ne le dicte pas, on s’écoute et on fait des compromis. Lorsque vous ne voulez pas de compromis dans le cadre d’un dialogue, vous attissez la haine, vous poussez à l’exacerbation des tensions, vous assumez quand-même une part de responsabilité quelle quelle soit. Je dis simplement ce qui est choquant c’est de voir des gens qui disent on est indigné parce qu’il y a eu ceci et le lendemain ils disent: allez encore! Quel que soit ce qu’on peut dire de ça, si vous savez que vos appels à la manifestation peuvent entraîner des conflits, des blessures, des morts vous êtes responsables politiques vous faites attention”, fustige t-il.
Le porte-parole du gouvernement estime que les autorités ont créé un cadre propice au dialogue pour décrisper la tension dans le pays.
“Il y a un environnement qui crée les conditions d’un dialogue. Mais les conditions ne veulent pas dire s’approprier du dialogue. Aujourd’hui qu’est-ce qui est sur la table de revendication de ces acteurs politiques, libérez moi, ne me poursuivez pas et puis après on vient à un dialogue. Ils ne parlent pas d’élection, ils ne parlent pas du fichier électoral, ils ne parlent pas des anciennes victimes et ce qui les intéressent c’est ma personne. Alors la République c’est pas ma personne, les problèmes guinéens c’est des problèmes que nous avons en partage et cela va au-delà des individus. J’interpelle ces acteurs politiques qu’ils assument leur part de responsabilité dans les drames que nos compatriotes sont en train de vivre”, a lancé le porte-parole du gouvernement.
Facinet Camara