La Cour suprême a débouté ce mardi 28 février 2023, l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, dans son pourvoi en cassation contre l’ordonnance de renvoi devant la chambre de jugement de Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Cette décision de la plus haute juridiction du pays, qui s’impose à toutes les parties, fait l’objet de contestation de la part de la défense du dernier chef du Gouvernement d’Alpha Condé. Chez nos confrères de Djoma média, dans l’émission « On refait le monde », Maitre Dinah Sampil, l’un des avocats de l’ancien Premier ministre a fait savoir qu’ils ne vont pas accompagner leur client dans un semblant de procès dont la finalité est connue d’avance.
‘’Nous avons crié haut et fort pendant les 10 mois de détention de notre client, que ce dossier est vide de contenu. Il ne suffit pas de venir affirmer qu’il y a des preuves, qu’il y a des charges. Les preuves et les charges se démontrent par des pièces. Quand on parle de détournement par exemple, il faut des justifications comptables. Nous n’avons l’intention d’aller nous adresser à des magistrats qui ne veulent même pas entendre ce que nous leurs disons, qui ont déjà leur décision préparée, montée fabriquée, préétablie qu’ils vont simplement lire. Par la preuve, l’ordonnance qui a renvoyé Kassory devant la chambre de jugement, c’est la première fois qu’elle contient le montant de 15 milliards. Or, ce montant devrait procéder des débats contradictoires devant le juge d’instruction, devant la chambre de contrôle et finalement être retenue par l’ordonnance de renvoi, si toutefois, les preuves étaient réunies. Comment vous voulez un montant qui n’a jamais fait l’objet de débat, qui n’a jamais été présenté à Kassory, on a crié sur tous les toits en leur demandant dites nous combien de montants détournés au compte de Kassory, rien ne nous a été dit’’, a-t-il recadré.
De même, l’avocat souligne qu’au regard de ce qui s’est passé, le procès de Dr Ibrahima Kassory Fofana risque d’être une simple formalité.
‘’Nous l’avons dit, nous le maintenons, eu égard à tout ce qui s’est passé, tous les efforts qu’on a conjugués pour obtenir un minimum des juridictions saisies, en l’occurrence la liberté provisoire en attendant le jugement, on a été freinés, bloqués, refusés à tout point de vue par le parquet et par les juridictions de jugement, en l’occurrence la décision de la Cour suprême. Alors, cela nous met dans l’esprit que le jugement risque d’être une simple formalité. Parce que selon notre entendement, la décision qui va en résulter, se trouve maintenant déjà rédigée, il ne reste qu’à la prononcer publiquement. Ce qui viendrait établir la réalité que nous n’avons fait que des formalités simples, qui n’ont finalement servies à rien. Parce que nous n’avons pas l’impression de passer par des dindons de la face, les personnes qui sont là à remplir les formes’’, assure Me Dinah Sampil.
Facinet CAMARA
