Lors de sa visite recente à la maison centrale de Conakry, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a annoncé que désormais les détenus condamnés vont travailler dans les champs à partir de l’an prochain et les détenus mineurs pourront se former. Cette annonce de Alphonse Charles Wright est diversement appréciée dans l’opinion. Si d’aucuns désapprouvent cette démarche, d’autres par contre l’apprécient vivement.
Invité du journal de la radio Espace Fm de ce vendredi, 16 décembre, Maître Frederick Foromo Loua, président de l’ONG les Mêmes Droits pour Tous (MDT) a déclaré que ce sont des mesures à saluer et à encourager. Selon lui, c’est une pratique reconnue par nos textes de loi et en tant que défenseur des droits de l’homme c’est un acte à encourager.
» C’est un motif de satisfaction pour nous en tant que défenseurs des droits de l’homme.
Rappelez-vous que la prison ce n’est pas pour éliminer forcément les malfaiteurs. La prison, c’est pour se récupérer. C’est-à-dire, on sanctionne son enfant pour qu’il s’améliore mais on ne le sanctionne pas pour l’éliminer. C’est cette même considération que nous avons lorsqu’il y a des gens en prison. l’État doit créer les conditions nécessaires pour que le citoyen qui ressort de prison redevienne un citoyen normal, redevienne un citoyen qui est à même d’aider la société. Donc aller dans ce sens là, permettre aux enfants d’aller étudier lorsqu’ils sont en prison, permettre aux détenus d’aller travailler et aider la société. Je pense que ce sont des mesures à saluer, des mesures à accompagner. Et il faut que véritablement, en tant que organisation de la société civile, en tant que structure sociale que nous aidons le ministre à aller dans ce sens”, s’est-il réjoui.
L’application de cette décision suscite beaucoup d’interprétations et de suspicions chez bon nombre d’observateurs. Mais pour cet activiste de défense des droits de l’homme, l’État a le devoir de protéger tous les citoyens même ceux qui en conflit avec la loi.
“Je pense qu’il y a une administration à la maison centrale, tous les détenus sont soumis au même régime. Et il y a une administration et un service qui statuent sur la moralité des détenus. Un détenu par exemple fut-il, lorsqu’on constate qu’il est en train de s’amender de façon notable, qu’il est en train de s’améliorer, qu’il est en train de redevenir citoyen normal, il n’y a pas de raison que l’État ne l’accompagne pas dans ce sens là.
Le criminel est avant tout un citoyen, l’État doit le protéger, l’État doit pouvoir le récupérer. Mais, cela se fait dans un cadre bien précis. Donc, on ne peut pas permettre à tout le monde d’aller dehors mais celui qui a fait déjà 15 ans, 20 ans en prison, 25 ans en prison et puis il est en train de changer, qui est en train de montrer des signes qu’il veut redevenir un citoyen normal qui veut une resocialisation. Je pense que l’État doit l’accompagner dans ce sens là et le ministre en décidant ainsi il est en train d’aller dans le sens de la récupération, dans le sens de la resocialisation dans le sens de permettre aux citoyens de redevenir un citoyen normal à sa sortie de prison”, a t-il indiqué.
Facinet Camara
