Les horaires des fonctionnaires guinéens ont été réaménagés par le président de la transition. Ils feront désormais près de 50 heures de travail par semaine. Le travail commence dès 08h et prend fin à 18h du lundi au jeudi, avec deux heures de pause. Une décision des autorités que beaucoup de travailleurs trouvent excessive, même si d’autres s’y alignent avec sourire aux lèvres.
Rencontré dans les rues de Kaloum, Demba Cissoko estime que la décision est salutaire.
» Nous savons que l’administration guinéenne est très lente et si une telle décision vient pour les fonctionnaires afin d’avoir une ou deux heures supplémentaires pour mieux travailler, je pense que c’est une bonne décision. Parce que nous savons tous que nous sommes en retard et si les nouvelles autorités viennent le faire, je pense que cela fait partie de la nouvelle refondation », a-t-il déclaré.
Même son de cloche chez Yakhouba Camara qui promet de se soumettre à cette nouvelle règle mais, demande à l’Etat de mettre des moyens de transport à la disposition des travailleurs.
» L’Etat doit tout faire pour doter les départements ministériels des moyens de transport. Certes, certains en ont et ceux qui n’en ont pas, cela va amoindrir leur charge de transport parce que aller-retour, c’est très difficile. Il y a des gens qui viennent de Coyah et d’autres de Dubréka pour rejoindre Conakry, ce n’est pas facile », fait savoir ce fonctionnaire
Pour Issiaga Bangoura qui habite en haute banlieue de Conakry, cette nouvelle décision risque de faire davantage souffrir des fonctionnaires à cause de l’état des routes et des embouteillages.
» Je suis jusqu’à kobayah, j’ai des difficultés pour rentrer chez-moi. Donc, si l’administration envoie les heures jusqu’à 18 heures, là, c’est autre chose. Mais on ne peut rien face à cette décision et peut-être le jour où qu’ils quitteront le pouvoir, les heures reviendront à l’initiale, c’est-à-dire à 16 heures « , dit-il.
Cette nouvelle décision rend le fonctionnaire guinéen tributaire des embouteillages, causés par les travaux de construction, de reconstruction et d’extension de la voirie. Pas de conséquence malencontreuse pour cet autre fonctionnaire. Toutefois, il estime que la surproduction mérite une revalorisation salariale.
» Comment peut-on faire de l’omelette sans casser des œufs? C’est pratiquement impossible. Donc, il faut accepter surtout pour un départ, cela va être difficile mais pas impossible. Puisqu’on ne peut pas augmenter le nombre d’heures de travail et maintenir les salaires constants, non. Plus de temps de travail, plus de salaire, là au moins je suis d’accord avec cette équation ».
Face aux nombreuses réactions relatives à cette décision, le ministre du Travail et de la Fonction Publique, Julien Yombouno a donné les raisons de cette décision ce vendredi 04 novembre 2022.
Moussa Rama, Pour Lerevelateur224.com
