Depuis quelques temps, les rumeurs circulent dans la cité sur une éventuelle privatisation de l’hôpital national Donka à une société canadienne. Invité dans la grande édition du journal de 20h à la télévision nationale, le ministre de la Santé et l’Hygiène Publique, Mamadou Pèthè Diallo apporte un démenti à ces allégations avant de rassurer que l’hôpital n’est pas privatisé:
“L’hopital national Donka n’est pas privatisé, il ne sera pas privatisé. C’est un hôpital public, c’est un bien commun à tous les Guinéens. C’est un patrimoine de notre pays et d’une certaine fois, un symbole de notre indépendance. Aucun gouvernement ne prendra la décision de privatiser un tel symbole”, a t-il lancé.
Selon le ministre en charge de la Santé et de l’Hygiène Publique, l’Etat Guinéen a signé un contrat de concession avec une société canadienne pour la gestion de l’hôpital pendant cinq (5) ans, au terme desquels, elle va confier la gestion aux Guinéens.
“L’hôpital a été mis en concession de gestion déléguée pendant une période de cinq (5) ans. En terme simple, qu’est-ce que cela veut dire? Pendant cinq (5) ans, il y aura un responsable qui va s’assurer que l’hôpital fonctionne normalement. Que les toilettes sont bien nettoyées, que l’eau coule aux robinets, que les blocs opératoire sont bien approvisionnés. Que les médicaments existent, qu’il y a un système de restauration des malades. Toutes ces choses qui n’apparaissent pas, mais qui font de l’hôpital un hôpital. Ensuite, les médecins Guinéens qui sont mieux formés qui font le travail, eux ils vont s’occuper ce pour lequel ils sont formés et payés: savoir soigner nos compatriotes. Le problème des hôpitaux de Guinée a été cet amalgame que nous avons fait depuis plusieurs années de confier des tâches de gestion hospitalière à des médecins. Aucun médecin n’est formé en gestion hospitalière, ils sont formés pour soigner. Il y a des gestionnaires hospitaliers, malheureusement, en Guinée nous ne les avons pas. Nous avons pris une société internationale dont le rôle est de venir en Guinée, aider à mettre en place ce système et former des Guinéens en leur passant la main graduellement pour qu’au terme de cinq (5) ans, l’ensemble de la gestion de cet hôpital passe aux mains des Guinéens » a t-il expliqué.
S’agissant d’un éventuel remplacement des médecins Guinéens par les Canadiens, le ministre de la santé a laissé entendre qu’il n y pas de remplacement.
“Quand on parle de privatisation, il y a près de huit cent (800) staffs et personnels à l’hôpital National Donka, parmi lesquels, il n y a que quinze (15) personnels du concessionnaire dont quatre (4) Canadiens et un binational et dix (10) Guinéens recrutés par le concessionnaire pour travailler ici en Guinée. C’est ça, le nombre des expatriés qui est à l’hôpital, comparé à huit cent (800) Guinéens. Il n y pas de remplacement des Guinéens par les Canadiens, il n y en aura pas. Ensuite, autre vérité, nos compatriotes qui travaillent là-bas, ils doivent se rendre compte d’une chose, aucun ne perdra son emploi. Ce qu’on va faire, c’est qu’on va les transférer graduellement du camp Camayenne dans lequel ils travaillent actuellement vers l’hôpital Donka. Au fur et à mesure que les services ouvrent. A l’ouverture dans quelques semaines, il y aura quatre (4) services: la radiologie, le laboratoire, la stomatologie-odontologies et l’imagerie. Tous ceux qui travaillent à l’hôpital du côté du camp Camayenne vont transférer, tous les fonctionnaires. Les bénévoles, les contractuels et nos compatriotes qui sont des stagiaires dans cet hôpital depuis plus quinze (15) ans qui n’ont pas de contrat, qui n’ont pas de rémunération, nous allons aussi leur faire un test de placement. Nous allons les placer à l’hôpital, nous avons leur donner un statut, un salaire, un contrat. Et ensuite, je vais plaider pour qu’ils soient intégrés à la fonction publique » a t-il martelé.
Camara Mamadouba
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