Le procureur général près la cour d’appel de Conakry a engagé une poursuite judiciaire contre l’ancien président Alpha Condé et plusieurs membres de son gouvernement. Ils sont accusés d’être auteurs et commanditaires des nombreux crimes de sang commis sous le défunt régime. Des poursuites judiciaires qui réjouissent notamment les défenseurs des droits de l’homme, qui avaient sans cesse dénoncé les exactions commises lors des manifestations en Guinée. C’est le cas de Me Alpha Amadou DS Bah.
Pour le vice-président de l’Organisation Guinéenne de Défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH), cette procédure judiciaire engagée contre les cadres de l’ancien régime, vient parfaire le combat des défenseurs des droits de l’homme.
» Nous l’avons réclamé au niveau de la société civile et au niveau de la défense des droits de l’homme depuis plusieurs mois. Donc, si cela peut se concrétiser avec cette deuxième annonce, je pense qu’on ne peut que se réjouir et accompagner le processus pour qu’il se matérialise avec des enquêtes sérieuses et cohérentes. Ces enquêtes-là, vont s’inscrire dans le cadre de la lutte contre l’impunité, puisque depuis plus d’une décennie, beaucoup de crimes ont été commis », a indiqué l’avocat, qui demande aux autorités de mettre les moyens nécessaires à la disposition de la justice pour matérialiser ces poursuites.
» On espère que les moyens seront mis à la disposition de la justice pour qu’elle puisse faire des investigations sérieuses afin que des auteurs et commanditaires impliqués dans ces assassinats, dans ces meurtres, viols et pillages, soient recherchés et surtout punis. Parce qu’il est question quand-même d’une hécatombe », rappelle Me Alpha Amadou DS Bah.
Selon l’avocat, il n’est pas obligatoire de créer une nouvelle juridiction pour juger cette affaire.
» Nous avons les instruments qu’il faut, on n’a pas besoin forcément de créer une juridiction spéciale parce que, notre code de procédure pénal laisse aux juges d’instruction et aux enquêteurs, un large éventail de possibilités. Aujourd’hui, qu’est-ce qu’il faut faire, c’est de peut-être créer un pool de juges d’instruction et de commissions d’enquêtes », indique-t-il.
L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) dit être disponible pour accompagner la famille des victimes dans cette procédure et appelle par la suite, le Procureur Général Près la Cour d’Appel de Conakry a exigé des résultats concrets de la part des investigateurs.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com
