Le Manding par la charte de Kouroukanfouga a donné de larges responsabilités sociales aux griots. L’histoire enseigne que Balla fassèkè Kouyaté, Morifinjan Diabaté et tant d’autres ont su jouer convenablement le rôle de griot dans l’épanouissement de la société.
La lueur d’espoir était grande quand on sait que cet héritage devait être tenu par des jeunes ayant la force et l’énergie d’apprendre et d’éduquer tous par la puissance de la parole.
À Siguiri, Kankan, Kouroussa, Mandiana, cet espoir risque de succomber par la mauvaise manière de le faire.
Être griot ne doit non plus être considéré comme un métier, mais une responsabilité que la société porte en une personne. Le griot doit être un modèle, un exemple à suivre. Ses attitudes doivent influencer les autres leur permettant d’avoir des agissements positifs.
Il doit conserver ses valeurs sociales et morales ,résister face aux tentations du moment et rester dans le sillage du renforcement des rapports sociaux, de l’unité entre tous. Il ne doit pas jouer à la division, il doit coudre les tissus sociaux déchirés et conserver les valeurs ancestrales.
Que dire lorsque le DIATIGUI a peur que son griot chante ses gloires ?
La cause de cette peur n’est autre que matérielle parce qu’il incite des réactions forcées pour obtenir le butin.
Nous comptons sur ces jeunes griots, mais ils doivent le faire dans les règles de l’art afin qu’ils grandissent à jamais.
À cette allure, il faut le dire sans ambages, nous tendons vers la perdition.
Ce cri de cœur est celui d’un jeune, un de leurs qui aspire leur voir grandir dans cette aventure tant chère. Tant pis, s’ils ne revoient pas la copie,tant mieux s’ils font une revue.
Soul Koita, écrivain.