Que se passe-t-il dans la tête d’un chef qui avait un ou plusieurs garde-corps, qui se faisait ouvrir ou refermer la portière de son véhicule, la porte de son bureau, dont on portait le sac et même le ou les téléphones, qui dispose d’une » flèche » dans la circulation et qui, du jour au lendemain, perd tous ces privilèges? Peut-on se passer des garde-corps pour éviter d’être déçus le jour où on en aurait pas ? Une ancienne présidente d’une institution républicaine a confié que lorsqu’on a l’habitude d’avoir des garde-corps et qu’on n’en a plus, on a l’impression d’être nu quand on sort. On tombe dans l’anonymat le plus complet. On fait l’objet d’un désintérêt absolu. En maninka, on dit » i yi diya lon mèn na, i yi gboya wo lon dé « .
Comme quoi, il est déconseillé de bousculer toutes ses habitudes quand on est chef. Quand on est sommet un jour, il faut faire attention car on sera en bas un autre jour. Il ne faut jamais oublier les premiers amis. Ils sont souvent les vrais. Les amis de la 25 ème heure ne sont pas forcément mauvais mais attention à certains d’entre eux.
Quand on est chef et en dépit des contraintes protocolaires liées à la fonction, il ne faut jamais oublier d’où on vient.
Me Mohamed Traoré.
