En termes simplifiés, une fonderie est un métier où les pièces sont produites en fondant le métal liquide dans une moule puis elles se solidifient. C’est aussi une très ancienne technique de transformation du métal qui fait de la première métallurgie. En Guinée, la matière première est le cuivre.
La fonderie, ce métier qui permet au jeune Mamadou Oury Diallo de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille sans attendre l’aide de quelqu’un.
Rencontré ce mercredi, 23 mars dans son atelier, le jeune Mamadou Oury Diallo de la vingtaine, nous a livrés ses motivations pour ce métier souvent réservé aux adultes. Le jeune Mamadou dit avoir mis fin à ses études depuis le collège pour se concentrer sur son travail qui le fascine tant et qu’il considère d’ailleurs comme un héritage familial.
Cet atelier de Mamadou frappé par une vétusté poussée, est une simple baraque de quelques mètres carrés sans aucune mesure de sécurité. C’est ici qu’il confectionne des moules en bois remplies de sable mélangé avec de l’argile où il forme les pièces. De l’autre côté de l’atelier, on peut voir le four, où le cuivre est fondu puis coulé sur la moule. C’est ce que l’artisan cogne contre le mur.
« Ce métier est un héritage familial, nous avons eu beaucoup de bénéfices. Nous fabriquons des marmites uniquement, mais les difficultés sont énormes notamment la matière première qui est le cuivre dont le prix varie entre 10000 à 15000 francs guinéens. Ce que les enfants ramassent dans la poubelle se négocie à 5000 gnf », a indiqué notre interlocuteur, qui dit craindre la concurrence avec les chinois.
“Nous sommes inquiets pour la concurrence chinoise, car notre travail est rudimentaire. Nous n’avons pas d’usine de transformation, on achète le cuivre très cher. Donc on ne peut pas vendre au même prix. Nous produisons des pièces de qualité qui sont d’une garantie plus que les objets importés. Une marmite peut faire plus de 20 ans », a-t-il confié.
Pour terminer, le jeune artisan lance un appel aux autorités.
« On sollicite l’assistance de l’État, une subvention et surtout la réglementation de l’importation. Je plaide pour un village artisanal pour la modernisation et l’exposition des objets, car nous souffrons de déguerpissement constant sur les emprises des rails. C’est pourquoi le prix d’une marmite varie selon le nombre de kilo de riz qu’on peut préparer dedans ( 50.000 à 100.000 jusqu’à 300.000 fg et les fourneaux de 15000 jusqu’à 70000 fg”, souligne Mamadou Oury Diallo.
Zeze Enema Guilavogui pour lerevelateur224.com
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