C’est le vendredi 29 Octobre 2021 que Djenabou « Batco » Diallo, journaliste et commissaire à la Haute Autorité de la Communication (HAC), a tiré sa révérence des suites d’une crise cardiaque à Conakry. Cette Journaliste de formation a laissé dernière elle, cinq (5) enfants et un mari jusqu’à ce jour inconsolables. Mamadou Gueye puisque c’est de lui qu’il s’agit, dit se remettre désormais à la volonté de Dieu. Lui aussi journaliste de profession, monsieur Gueye avoue qu’un grand vide se fait sentir autour de lui. Il confie cependant qu’il n’envisage plus se remarier.
Nous vous proposons l’intégralité de cet entretien réalisé dans la ville de l’alumine, à Fria.
Lerévélateur224.com: Dites-nous dans quel état d’esprit vous vous trouvez aujourd’hui après le décès de votre épouse, Djenabou Batco Diallo?
Mamadou Gueye: Mon épouse m’a quitté le 29 octobre 2021 et depuis sa disparition, je sens un vide autour de moi. Parce que, j’avoue que Djenabou était une femme brave. J’ai commencé le journalisme avant elle. Elle a gravi beaucoup de chemins avant d’être à la HAC. C’est la suite de sa persévérance, la suite de son combat, des objectifs qu’elle avait. Elle était quelqu’un qui était tout le temps à mes côtés et elle a toujours voulu que je sois parfait au niveau de Guineenews, parce-que c’est un site que tout le monde considère. Donc tous mes écrits, quand c’est affiché, elle est la première à lire pour savoir qu’est-ce que j’en ai fait. J’avoue qu’elle est partie, je sens un vide. C’est difficile pour moi de me retrouver, mais ce n’est pas impossible, c’est la volonté divine. Que son âme repose paix. Avant qu’elle ne décède, j’écrivais très bien, je prenais le stylo et bien écrire. Mais depuis qu’elle est décédée, j’ai les mains qui tremblent. Je ne comprends rien et j’ai demandé à un psychologue qui m’a donné plusieurs fois des rendez-vous, comme il n’est pas sur place pour voir si ce n’est pas le décès de Djenabou qui m’affecte comme ça ou si c’est une autre maladie. Mais moi j’accuse effectivement son décès. Je remercie toute la presse guinéenne, je remercie tous ses collaborateurs de la HAC qui ont accepté certes ce décès, parce que c’est la volonté divine, sinon j’avoue que je ressens un vide autour de moi.
Djenabou Batco Diallo avait cinq(5) enfants avant son rappel à Dieu. Dites-nous à ce jour, comment vont-ils et comment est-ce qu’ils sont entretenus ?
Elle avait six(6) enfants mais elle en a laissé cinq(5) avec moi, mais on fait avec. On a seulement le soutien de la HAC, qui, vraiment nous assiste toutes les fins du mois. Mais en dehors de ça, je fais avec mon maigre petit salaire que j’ai pour assister les enfants et les éduquer. Je ne dis pas que je demande assistance, mais Djenabou, c’est la consœur de tous les médias, donc tous ceux qui peuvent penser qu’ils peuvent faire quelque chose pour elle, pour ses enfants, je ne ferais que les remercier. Mais quant-à moi, c’est Dieu qui l’a voulu parce que quand elle vivait on ne tendait pas la main pour vivre, ce n’est pas parce qu’elle est morte qu’on va vivre de l’aumône. Je pense que vos prières sont déjà suffisantes. Qu’elle repose en paix!
Cela fait six mois depuis qu’elle a été rappelée à Dieu. Est-ce que avez vous songé à vous remarier?
J’avais déjà une première épouse et Djenabou était ma seconde. Je l’ai connue, j’ai tout fait avec elle. C’est Dieu qui donne la femme. Je ne peux plus me dire que je ne vais plus jamais me remarier. Là, cela ce n’est plus dans mes forces. Me remarier encore pourquoi ? Il me sera difficile d’avoir une Djenabou. On peut remplacer une femme, on ne peut pas remplacer celle qu’on a perdue. C’est possible d’avoir une femme qui sera meilleure que Djenabou, mais qui ne sera pas comme elle. Donc, moi elle me suffisait. Pour respecter sa mémoire, je préfère continuer ma vie avec ma première épouse et mes enfants plutôt que de chercher à me remarier. Je ne vois pas l’utilité de me remarier, parce que je vous dirai quelque part que j’ai été ingrat envers elle parce-que je lui avait promis. Elle me disais il faut te marier, cherche une troisième femme. J’ai dit non, qu’est-ce que je vais en faire? Et pourquoi après son décès je vais m’aventurer dans des choses comme ça? Je crois que ce n’est pas la peine.
Votre épouse avait un site d’information » Friaguinée.net ». Aujourd’hui, comment se porte t-il?
Quand Djenabou était vivante, elle avait un amour pour ce site. Quand elle était à la HAC, elle m’a fait administrer de façon illégale( sourire). Parce qu’étant à la HAC, il fallait se défaire de toute autres activités. Elle avait une ONG » Association des Femmes et Droits des Enfants » cette ONG et le site( Friaguinee.net) , je les administre aujourd’hui avec le peu de moyens. Malheureusement, on n’avait pas de partenaires, on se battait pour en trouver, on le faisait avec la poche. Le peu qu’elle avait, le peu que j’avais, on s’associait pour payer le local et les reporters.

Entretien réalisé par Moussa Rama, pour Lerévélateur224.com