La junte militaire en Guinée poursuit sa lutte dans la récupération des domaines de l’Etat. Une opération diversement commentée. Contrairement à certains, d’autres observateurs ne voient aucun mal en ce qui concerne cette opération de récupération des patrimoines bâtis et non bâtis de L’Etat. C’est le cas de Benoit Curtis, directeur des études de l’Institut supérieur d’architecture et de l’urbanisme. Se prononçant sur la question au micro de notre rédaction, cet architecte d’Etat estime que la récupération des biens est une nécessité.
«La récupération du patrimoine bâti est une nécessité, en ce sens que quand vous faites un état des lieux, vous constatez que l’État n’a pas de patrimoine pour pouvoir exécuter ses différents projets. On se souvient bien pendant la première République, la terre appartenait à l’Etat, cela veut dire que quand l’Etat avait besoin de faire quelque chose, il a la possibilité de réaliser. Mais après les trois régimes, on n’a pas eu la possibilité de pouvoir faire quelque chose. Ce qui fait qu’aujourd’hui, l’Etat est en manque de pouvoir construire des logements pour la population. Ses logements existent mais ont été récupérés par certains particuliers. Donc reprendre ces biens, pas pour garder mais pour réaliser c’est une bonne décision. Mais si on garde sans réaliser, la nécessité n’y ait pas », explique le directeur des études de l’Institut supérieur d’architecture et de l’urbanisme
Cette opération de récupération des domaines de l’Etat, ne va-t-elle pas créer une crise dans le secteur de l’immobilier en Guinée ? Non, répond Benoît Curtis, si les contrats ont été bien ficelés. D’ailleurs, le directeur des études de l’Institut supérieur d’architecture et de l’urbanisme n’a pas manqué de faire le constat de l’immobilier en Guinée.
‘’ Cela ne peut pas créer une crise si réellement les contrats sont bien ficelés, parce que quand on récupère c’est pour investir. Et si on doit récupérer, on doit voir les contrats qui sont réalisables. Parce que de nos jours, quand vous faites un constat, l’immobilier coûte cher. Y a des immeubles à Conakry qui chôment parce qu’il n’y a pas de preneur compte tenu du coût. On ne les construits pas pour la population guinéenne mais on les construits plutôt pour les expatrier. Donc face à ce fléau, l’Etat doit pouvoir récupérer son patrimoine, investir afin que cette population soit à l’aise. Parce que s’il n’a pas de terrain comment il va investir. On parle de logements sociaux, les logements sociaux ne sont pas des logements de haut standing. Pour que l’Etat construise des logements sociaux, il va falloir que l’Etat récupère tous ses patrimoines en particulier les 14 cités qui existent dans ville de Conakry », affirme Benoît Curtis.
Ibrahima Camara pour lerevelateur224.com
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