Plusieurs camions remorques sont visibles tout au long de la route de Sanoyah en partance vers la Commune de Matoto sur plusieurs kilomètres. Pour cause, les différents chauffeurs de ces engins de poids lourds dénoncent le manque de respect du protocole d’accord signé le 13 janvier 2922 entre l’Union Nationale des Transporteurs Routiers de Guinée, la Fédération des Professionnels de la Filière Bois et le Département de l’Environnement et du Développement Durable. Dans les closes de ce protocole, il est notifié qu’ordre sera donné à tout agent des Eaux et Forêts de faciliter la transaction des chargements de camions de bois sur toute l’étendue du territoire national dans les barrages conventionnels. Et qu’au tour des transporteurs et de la filière bois, en contrepartie de cette décision, de procéder à la réduction des prix du bois.
Mais sauf que sur le terrain, ces transporteurs constatent au long de leur trajet, plusieurs barrages fictifs avec leurs corollaires d’arnaque de tout genre qu’ils subissent. Une situation que des responsables de l’Union des transporteurs ont déploré ce samedi 5 février 2022 au rond-point de l’autoroute à Sanoyah dans la préfecture de Coyah en exigeant le respect du protocole au risque de ne plus acheminer cette marchandise vers la capitale Conakry.
« Certains d’entre nous ont fait ici trois (3) jours immobilisés tout au long de cette route. Le problème est entre nous chauffeurs et agents routiers, nous on transporte du bois et eux (agents routiers ndlr) nous ont dit que certains d’entre nous transportent du bois alors que nous, nous ne connaissons pas la différence entre nouveaux et anciens bois. Ils nous ont contrôlés et n’ont pas vu ce qu’ils recherchaient, pourtant, c’est devant les agents des Eaux et Forêts qu’on a embarqué ces bois, sous leur contrôle strict. La preuve, vous pouvez constater que chaque région a une marque, et là il n’y a pas de problème à l’embarquement parce qu’ils nous donnent des bordereaux » explique Mamadou Tahirou Bah, chauffeur, conducteur de camion remorque avant de relater les tracasseries policières et les arnaques dont ils font l’objet.
« En cours de route, il y a plusieurs barrages, d’autres sont légaux et d’autres non. Au niveau de barrages légaux, une fois arrivée, quand les agents contrôlent et qu’ils trouvent qu’il n’y a pas d’anomalies, ils nous laissent passer ou s’il y a un quota à payer, on le paie sans problème. Ils visent les papiers que nous détenons et nous laissent circuler tranquillement. Dans les barrages illégaux, quand on vient, on discute avec eux (agents des Eaux et Forêts ou bien on appelle nos responsables qui, pour certains cas, discutent avec eux pour qu’ils nous laissent continuer. Ici à Sanoyah, le barrage qui est là, est illégal. Nos responsables les ont dit de quitter ici, ils ont refusé. Ils ont immobilisé nos camions depuis quatre (4) jours et arrêtés deux (2) de nos apprentis en les jetant en prison parce qu’ils avaient protesté contre leurs arrestations illégales », relate-il.

De Yomou à Conakry, ces transporteurs de bois en camion remorque disent avoir détecté trois (3) barrages illégaux qui font objet de polémiques. Alors que sur la liste des postes retenus pour le contrôle des produits forestiers par le Ministère du Transport et la filière bois après négociation en date du 13 janvier 2022, ces trois (3) barrages, notamment Maréla dans Faranah, Bissikirima dans Dabola et Sanoyah, dans la préfecture de Coyah n’y figurent pas. Pour sa part, Mamadou Diouldé Mombéyah Diallo, chargé de conflits au bureau de l’Union Nationale des Transporteurs Routiers de Guinée souhaite le respect du protocole d’accord signé entre sa structure syndicale, l’Union Patronale, la filière bois et le département de l’environnement et du développement durable. Ce protocole d’accord notifiait dans son article 1er que le présent accord porte sur toutes les dispositions pratiques relatives à la baisse du prix du bois sur le marché local et la réduction des frais de transport. Visiblement, ce pan de cet accord n’est pas du tout respecté sur le terrain, une attitude des agents des Eaux et Forêts postés à certains barrages non-conventionnels qu’il ne comprend pas
« Le Président de l’Union nationale des transporteurs routiers de Guinée m’a fait un ordre de mission, j’ai parcouru tout le pays. Et j’ai été pour élargir l’information en disant aux chauffeurs de réduire le transport et présentement, l’État veut libérer la vente du bois mais ne veut pas qu’on vend cher à la population. J’ai sensibilisé les chauffeurs mais aussi sur le nombre de barrages qui ont été situés dont le nombre est de cinq (5) de N’Zérékoré à Conakry. Mais malheureusement, aujourd’hui, on a plus de dix (10) barrages avec la complicité d’autres autorités de la gendarmerie environnementale et les agents des Eaux et Forêts. En plus de ceux-là, d’autres corps comme des gendarmes viennent s’infiltrer pour nous arnaquer dans notre trajet alors que cela ne relève pas de leurs compétences. Nous on estime que ce sont les papiers du camion qui les (gendarmerie ndlr) intéressent, mais pas les papiers du bois à transporter », s’est-il indigné et d’interpeller les autorités compétentes sur la situation qui prévaut :
« Si les autorités signataires veulent que le transport du bois de façon légale soit continuelle, elles doivent nous aider à éradiquer les barrages illégaux. Car si ces barrages ne sont pas enlevés, nous préférons immobiliser nos camions remorques ici jusqu’à nouvel ordre surtout ici à Sanoyah. Et moi, en tant que responsable syndical, je suis prêt à être devant jusqu’à l’atteinte de cet objectif », a martelé Mamadou Diouldé Mombéyah Diallo, chargé de conflit au bureau de l’Union Nationale des Transporteurs Routiers de Guinée.
Dans le souci d’équilibrer toutes ces informations auprès des agents des Eaux et Forêts postés au niveau de Sanoyah qu’ils accusent à tort ou à raison, ces derniers ont refusé tout commentaire à nos micros en claquant carrément les portes de leur PA installé à ce niveau.
A rappeler que le protocole tripartite signé dans son article 4, il est noté que le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable veillera au respect scrupuleux des termes du présent protocole d’accord par les parties concernées et prendra toutes les dispositions utiles et nécessaires y afférents.


Affaire à suivre…
Moussa Rama, pour lerevelateur224.com