A l’allure où va la transition, les langues commencent à se délier autour de la problématique de la mise en place du Comité National de Transition (CNT), l’un des organes centraux de cette transition. Ce retard met en doute la sincérité des militaires qui, dès les premières heures du coup de force contre Alpha Condé ont déclaré vouloir vite organiser les élections et retourner dans les casernes, a indiqué ce samedi 15 janvier Kéamou Bogola Haba, membre de l’ANAD.
Au cours d’une réunion des acteurs sociopolitiques sur la transition, l’homme politique a soulevé la question sur la durée au pouvoir des militaires après avoir rappelé qu’ils étaient au pouvoir en Guinée depuis 1984, après la mort du premier Président guinéen, Ahmed Sékou Touré.
« Quand le 05 septembre est arrivé, l’armée est revenue au pouvoir alors qu’on pensait que c’était fini en 2010 que l’armée était maintenant dans les casernes. Nous étions obligés de faire appel à l’armée, elle était obligée d’agir. Mais depuis le 5 septembre, cette armée est au pouvoir, l’armée va repartir quand ? Voilà la grosse question », s’interroge ce membre de la troisième dynamique et de poursuivre dans son scepticisme :
« L’armée est revenue et a donné un message fort que nous avons accepté. Nous avons fait allégeance au CNRD, nous avons soutenu les actions du CNDR et nous continuons de les soutenir, mais c’est pour quand ? Voilà une question principale qui se pose. L’armée était venue le 3 avril 1984, évidemment, à notre demande quand l’ancien régime avait complètement torturé le peuple de Guinée, elle était venue en sauveur. Elle est venue le 3 avril, et n’a quitté qu’en 2010, avec Sékouba Konaté qui a cédé son fauteuil à Alpha Condé(…) nous leur avons donné encore l’autorisation le 05 septembre d’être encore au pouvoir, mais jusqu’à quand », s’interroge t-il encore.
Kéamou Bogola Haba, membre de l’Alliance pour l’Alternance Démocratique (ANAD) a souhaité que la transition soit limitée dans le temps et pour cette raison, il exhorte la classe sociopolitique a aidé les nouvelles autorités pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com