La migration est un phénomène qui touche la quasi-totalité des jeunes en Afrique Sub-saharienne, en quête du bien être dans les pays considérés comme un ‘’Eldorado’’. Généralement, la tentative de braver la mer ou le désert finit par des tragédies avec la perte en vie humaine de plusieurs d’entre eux.
Ibrahima Sory Doumbouya a une fois tenté cette aventure folle en traversant la méditerranéen en pirogue avec plusieurs autres jeunes guinéens à partir du Sénégal. Une aventure qui n’a pas été fructueuse pour ce jeune qui avait à cette période perdu tout espoir de devenir quelqu’un d’important en tentant de sortir sa famille de la misère. Sauvé in extremis par un chalutier en haute mer, ce jeune est aujourd’hui, conseiller municipal à la commune de Dixinn.
Rencontré par notre rédaction, il a bien voulu revenir sur cette mésaventure:
« En 2007, j’ai passé cinq (5) jours dans l’Océan Atlantique en quittant Nouadhibou, la deuxième capitale de la Mauritanie pour Espagne. Dieu nous a sauvé car notre bateau de fortune était tombé en panne en pleine mer et on été sauvés par un bateau dépêche qui sillonne la zone », relate t-il.
« J’ai connu tout le calvaire du monde parce que mes amis et moi mangeaient de la poudre de manioc séché en mettant du sucre. A l’époque, lorsque j’étais à Dakar, tous nos amis avaient quitté le quartier. Tantôt, on entendait tel est déjà rentré en Angleterre ou une autre aussi est arrivée en Espagne. Donc, cela m’a motivé car certains jeunes avaient décidé de tout vendre et de nous lancer dans cette aventure dans l’espoir de construire aussi une maison ou faire de grandes choses quelque temps plus tard pour ses parents. En Afrique, particulièrement en Guinée, il n’y a pas d’emploi et quand tu restes ici, tes amis vont te dépasser à tous les niveaux. C’est ce qui fait que tout le monde cherche à quitter le pays aujourd’hui ». dit Ibrahima Sory Doumbouya, migrant retourné qui lance un appel à tous les jeunes de ne pas tenter l’aventure de migrer illégalement car d’après, ce qu’il a subi avec tous les risques que comporte la traversée, il déconseille:
« Avant que tu ne monte dans la pirogue, il ya la motivation en toi, mais une fois dedans en haute mer, le ciel et la terre vont sembler se toucher. Tu vas le regretter et si comme une personne tentait de se suicider en se mettant la corde au cou. je demande à tous les jeunes, malgré que la situation du pays est mauvaise, malgré qu’il y a de la galère, de la précarité, je demande à tous ceux qui empruntent les routes, la mer, si ce n’est pas par les voies légales qu’ils abandonnent complètement. Je leur demande ceci pour sauver leur vie, parce que quand il y a la vie, il y a l’espoir. Mais quand on meurt, cet espoir est terminé. Je demande au gouvernement de créer de l’emploi pour les jeunes parce que la Guinée ne manque pas de ressources afin d’aider les jeunes » , a invité ce migrant retourné sur les ondes de la radio Horizon FM dans l’émission les Auditeurs face à l’actualité.
Moussa Rama, pour lerevelateur224.com