Le débat sur la dépénalisation des délits de presse en Guinée continue d’alimenter les conversations entre les hommes de médias et les juristes. Pour afin recadrer le débat sur la question, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn a échangé avec plusieurs journalistes ce jeudi 17 juin 2021.
Sidi Souleymane N’diaye a mis cette occasion à profit pour expliquer en profondeur à ceux qui disent que la loi L002 dépénalise les délits de presse.
Ce vendredi, interrogé par notre rédaction, le secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée estime que le vrai débat sur cette loi ne se trouve pas sur la dépénalisation.
‘’ Nous, au SPPG d’abord, on est en avance par rapport à ce débat. Depuis 2018 déjà, j’ai des témoins clés puisque nous l’avons dit dans une émission en présence des grands juristes tels que Mohamed Camara et Mamady 3 Kaba qui m’ont donné raison à l’époque. C’est qu’on doit parler d’une dépénalisation partielle, elle n’est pas totalement dépénalisée », lance-t-il et de poursuivre :
« Maintenant, le vrai débat qui se pose aujourd’hui est évoqué par le procureur Sidi Souleymane N’Diaye, bien avant lui, le juge Alphonse Charles Wright et là également, on l’avait déjà dit depuis longtemps. Ce que oui! Il est possible d’envoyer un journaliste en détention provisoire, même si c’était dans l’exercice de son métier. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut l’expliquer et comment pour ceux qui n’ont pas fait le droit. On leur recommande d’aller consulter l’ article 132 de la L002 qui dispose je cite : si l’inculpé est domicilié en Guinée ne peut être préventivement arrêté. Donc, ça c’est la règle générale, mais un peu plus loin sauf pour des cas prévus dans les articles 100, 103… jusqu’à l’article 106. Il suffit de revenir consulter ces articles cités pour savoir que oui, il y a la possibilité d’envoyer un journaliste en détention provisoire’’.
Moussa Rama