Face à la menace grandissante de la contrefaçon chinoise, l’un des habits traditionnels de la Guinée, la forêt sacrée qui est fabriquée en Guinée forestière risque de perdre son authenticité.
Plusieurs femmes qui évoluent dans la fabrication de cet habit de valeur haussent le ton et demandent à l’État d’intervenir pour sauver cette filière.
Ce mardi 1er juin 2021, notre correspondant régional a rencontré quelques groupements de femmes dont l’activité principale tourne au tour de la fabrication et la commercialisation de cet habit traditionnel très convoité au sud du pays et un peu partout en Guinée et à l’extérieur du pays.
Au micro de notre correspondant régional, madame Tolno Mabinty Samoura responsable d’une coopérative des femmes à N’Zérékoré explique les nombreuses difficultés que sa structure rencontre dans la fabrication de ce tissu traditionnel qui est en train de perdre sa valeur authentique au profit de la contrefaçon.
« Nous rencontrons beaucoup de difficultés dans la fabrication de l’habit forêt sacrée. Par exemple, il faut aller en brousse pour chercher des produits à base de la fabrication de cet habit tel que l’écorce, la boue et encore le basin fil péri est difficile à gagner et le prix est cher», a-t-elle expliqué.

Poursuivant, madame Tolno est revenue sur l’autre difficulté celle liée à la vente avant de demander à la population de consommer guinéen:
«Le marché est envahi par ces tissus industriels qui ne sont pas forêt sacrée. Parfois même si tu fabriques pour toi très bien mais ceux qui vendent moins chèr ont la chance de vendre plus que toi qui donne la valeur à l’habit traditionnel. Si vous voyez que les autres continuent à fabriquer, c’est parce qu’on achète. Mais c’est si on achète qu’on donne de la valeur, on donne de l’importance à nos artisans pour les encourager à fabriquer bien et à fabriquer beaucoup pour que toute la population puisse avoir ce qu’elle veut. Les autres ne peuvent plus envahir chez nous, nous envahir de ces tissus industrialisés. Donc je demande à la population de cesser d’acheter ces tissus-là, de venir vers les artisans pour faire leur commande. Consommons guinéen, consommons ce que nous produisons pour le développement de la Guinée», a-t-elle sollicité.

Pour cette autre femme responsable d’un centre d’autonomisation des femmes (CAF) à N’zérékoré, si le gouvernement ne fait rien pour arrêter l’envahissement du marché guinéen par ces tissus industriels, cet habit traditionnel perdra sa valeur authentique et elles se retrouveront au chômage:

«Hier j’ai vu des habits forêt sacrée en tissu industriel sur le marché très joli que les nôtres, j’étais choquée. Les prix ne sont pas les mêmes aussi. Si le gouvernement pouvait arrêter ce phénomène pour sauvegarder l’authenticité de notre habit traditionnel (forêt sacrée), c’est bon. C’est en fabriquant ce tissu nous arrivons à subvenir aux besoins de nos enfants. Leur scolarité, frais de santé et autre. S’il ne fait rien (gouvernement) nous serons tous au chômage», prévient Mariame Sagno.

N’Zérékoré, Souleymane Naturel Condé pour lerevelateur224.com