Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 19 octobre 2026 à la plage de Camayenne, à Conakry, le général Amara Camara, secrétaire général de la présidence de la République et porte-parole de l’institution, est revenu sur les principaux sujets qui marquent l’actualité nationale.
De l’adresse à la Nation du président Mamadi Doumbouya à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance aux mesures de grâce accordées à 529 détenus, en passant par l’hommage à l’ancien Premier ministre Sidya Touré et les évacuations sanitaires de Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara, le responsable de la communication présidentielle a défendu une ligne articulée autour de la fermeté de l’État, de l’humanité et de la cohésion nationale.
La présidence de la République et le gouvernement ont conjointement animé, ce lundi 19 octobre 2026, une conférence de presse à la plage de Camayenne, à Conakry. Face aux journalistes de la presse nationale et internationale, le général Amara Camara, secrétaire général de la présidence de la République et porte-parole de l’institution, a apporté des éclaircissements sur plusieurs dossiers majeurs de l’actualité guinéenne.
Au fil de son intervention, le porte-parole de la présidence a notamment insisté sur la portée politique du discours présidentiel prononcé à la veille de la fête nationale, la signification de la grâce accordée à 529 détenus, la nécessité d’accompagner leur réinsertion sociale ainsi que le respect dû aux personnalités ayant servi la République.
Une adresse à la Nation présentée comme une feuille de route
Revenant sur le discours du président Mamadi Doumbouya prononcé le 1er octobre, à la veille de la célébration du 68ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le général Amara Camara a souligné que cette prise de parole dépassait le simple cadre commémoratif.
Pour lui, il s’agissait avant tout d’un discours d’orientation destiné à rappeler le sens profond de la souveraineté nationale et les responsabilités qui en découlent.
« Le 2 octobre n’appartient pas aux livres de l’histoire. C’est un choix de souveraineté que nos aînés ont fait, et ce choix de souveraineté devrait être assumé tous les jours par nous, dans sa construction », a-t-il déclaré.
À travers cette affirmation, le porte-parole de la présidence a mis en avant la nécessité de traduire l’héritage de l’indépendance en actions concrètes, capables de transformer durablement les conditions de vie des Guinéens.
Selon lui, quatre grandes orientations structurent le message présidentiel : la jeunesse, la transformation des ressources naturelles, l’ordre et la discipline, ainsi que l’unité nationale.
La jeunesse, priorité de l’action publique
Le premier axe concerne la jeunesse guinéenne, au centre du thème retenu pour la célébration de cette année : « S’inspirer du passé pour construire l’avenir ensemble, notre jeunesse. »
Le général Amara Camara a rappelé que le chef de l’État avait directement interpellé les jeunes sur leur avenir, en les invitant à croire davantage aux possibilités offertes par leur propre pays.
« Leur avenir est ici et non sur les chemins de l’émigration irrégulière », a-t-il rapporté, en évoquant le message adressé à la jeunesse par le président de la République.
Pour le porte-parole, cette ambition doit se traduire par des politiques publiques concrètes, notamment en matière de formation professionnelle, de qualification, d’insertion socio-économique et d’accès au financement.
L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’une jeunesse mieux formée, capable d’accéder à l’emploi, de créer des entreprises et de participer activement au développement national.
Simandou 2040 : transformer les ressources en richesses durables
Le deuxième axe évoqué concerne la transformation locale des ressources naturelles, avec une attention particulière portée au programme de développement Simandou 2040.
Le général Amara Camara a expliqué que la Guinée entend désormais dépasser le modèle fondé essentiellement sur l’exportation de matières premières, pour privilégier une exploitation génératrice de valeur ajoutée et d’emplois.
« Notre pays ne veut plus exporter son minerai. Le pays veut faire des emplois, veut faire des compétences, veut faire des routes, veut faire de l’énergie et veut également se doter des services sociaux », a-t-il affirmé.
Cette orientation traduit, selon lui, la volonté de faire des ressources naturelles un levier de transformation économique, d’amélioration des infrastructures et de renforcement des services sociaux.
Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans le capital humain, estimant que la formation des jeunes et des cadres constitue une garantie essentielle pour préparer l’avenir du pays, même lorsque les ressources naturelles viendront à s’épuiser.
Ordre et discipline : les conditions du progrès
Le troisième axe du discours présidentiel porte sur l’ordre et la discipline, que le porte-parole de la présidence a présentés comme des conditions indispensables à la stabilité et au développement.
« Rien de durable ne se bâtit dans le désordre », a-t-il rappelé, reprenant une formule attribuée au chef de l’État.
Pour le général Amara Camara, l’ordre ne doit pas être interprété comme une restriction arbitraire des libertés, mais comme l’expression d’un cadre commun dans lequel les règles s’appliquent à tous.
Il a notamment souligné que le respect des règles constitue une condition favorable à la liberté, à l’investissement et au progrès collectif.
Cette approche repose sur une exigence : faire prévaloir les principes de la République, sans distinction de statut ou de position sociale.
L’unité nationale, un impératif républicain
Le quatrième axe concerne la cohésion nationale. Sur ce point, le porte-parole a rappelé que la République devait demeurer un espace commun, au-delà des appartenances régionales, religieuses ou politiques.
« La République n’appartient à aucun clan. Elle appartient à tous ses enfants, à toutes les régions, de toutes les confessions, et elle appartient à toutes les sensibilités du pays », a-t-il déclaré en reprenant les propos du président de la République.
En conclusion de cette partie de son intervention, le général Amara Camara a expliqué que ces différentes orientations formaient un ensemble cohérent, destiné à guider l’action publique.
« La fermeté sur les principes, l’humanité dans leur application, l’unité dans l’action » : telle est, selon lui, la méthode qui se dégage du message présidentiel et qui permettrait de comprendre les décisions prises par les autorités sur les différents dossiers abordés.
Grâce présidentielle à 529 détenus : la clémence assortie d’un accompagnement
L’un des points majeurs de cette conférence de presse a porté sur la grâce présidentielle accordée à 529 détenus à l’occasion de la fête de l’indépendance nationale.
Selon le général Amara Camara, cette mesure a été prise à travers deux décrets présidentiels et concerne des compatriotes détenus à travers le pays.
Le porte-parole a présenté cette décision comme un acte d’humanité, tout en insistant sur le fait que la clémence présidentielle ne devait pas être assimilée à un effacement des décisions judiciaires.
« La grâce n’est pas un oubli. Ça ne remet pas en cause les décisions de justice, ni les droits des victimes, notamment sur la réparation », a-t-il précisé.
À travers cette déclaration, la présidence entend souligner que la mesure de grâce ne signifie ni la négation des faits ayant conduit aux condamnations ni la disparition des droits reconnus aux victimes.
Un stage civique pour préparer le retour à la vie sociale
Le général Amara Camara a particulièrement insisté sur l’article 2 des deux décrets, qui prévoit que le bénéfice de la grâce soit subordonné à l’accomplissement d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion.
Trois objectifs principaux ont été avancés pour justifier ce dispositif.
Le premier consiste à accompagner les bénéficiaires dans une période considérée comme particulièrement délicate : celle du retour à la liberté. Après une période d’incarcération, certains anciens détenus peuvent être confrontés à des difficultés matérielles, à l’absence de repères ou encore à des problèmes de réintégration familiale.
Le deuxième objectif vise à renforcer l’éducation civique et le sens des responsabilités. À ce sujet, le porte-parole a salué la collaboration entre les ministères de la Justice et de la Défense dans la conception du programme de formation. Il a également évoqué le déroulement du stage à Soronkoni, qu’il a présenté comme une initiative accueillie favorablement par les bénéficiaires.
Le troisième objectif est de préparer le retour des personnes graciées dans leurs familles, leurs communautés et, pour certaines, dans la vie professionnelle.
« Il faut pouvoir les protéger, et en les protégeant, il y a un pas aussi qui est pris pour protéger notre société », a-t-il expliqué.
Selon les précisions apportées par le secrétaire général de la présidence, le stage doit être sanctionné par une attestation attestant de son accomplissement. Ce dispositif est ainsi présenté comme un mécanisme d’accompagnement destiné à faciliter la réinsertion et à favoriser une reprise de vie dans le respect des règles collectives.
La mesure de grâce est donc défendue par les autorités comme une démarche associant compassion, responsabilité et prévention de la récidive.
Sidya Touré : la présidence appelle au respect de sa mémoire
La disparition de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, survenue à Paris le 25 septembre 2026, a également occupé une place importante dans les échanges.
Ancien chef du gouvernement entre 1996 et 1999 et ancien député de la République, Sidya Touré demeure une figure marquante de la vie politique guinéenne.
Sur ce dossier, le général Amara Camara a adopté un ton empreint de solennité, appelant à dépasser les polémiques suscitées par le décès de l’ancien responsable politique.
« Il a servi ce pays, il a aimé ce pays », a-t-il déclaré, avant d’inviter les Guinéens à prier pour le repos de son âme.
Le porte-parole a également rappelé que les traditions religieuses recommandent de parler avec bienveillance des personnes disparues.
« Ce que nous demandons à chacun, c’est de prier pour le repos de son âme », a-t-il insisté.
Cette déclaration traduit un appel à la retenue et au respect de la mémoire d’un ancien haut responsable de l’État, au-delà des divergences politiques qui ont pu marquer son parcours.
Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara : des évacuations sanitaires sans remise en cause des décisions judiciaires
Autre dossier évoqué lors de la conférence de presse : les décisions prises le 19 septembre 2026 par le chef de l’État autorisant, à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires, l’évacuation de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et de l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara vers des structures de soins appropriées.
Le général Amara Camara a expliqué que ces décisions faisaient suite à la documentation d’une dégradation de leur état de santé.
Face aux commentaires suscités par ces évacuations, il a tenu à clarifier leur portée juridique et politique, en s’appuyant sur une déclaration du président de la République.
« Cet acte n’est ni une amnistie, ni une grâce, et c’est encore moins un arrangement. La justice guinéenne a instruit, jugé et condamné. Ces décisions restent entières. Rien n’est effacé, rien n’est révisé, rien n’est négocié, » a t-il martélé.
Le message présidentiel, tel que rapporté par son porte-parole, entend ainsi distinguer clairement le droit à la prise en charge médicale du traitement judiciaire des affaires concernées.
Le général Amara Camara a également rappelé cette autre formule attribuée au chef de l’État : « Un État fort n’est pas un État sans cœur. »
Il a poursuivi en soulignant que le droit aux soins ne devait pas dépendre du passé politique d’une personne ou de son appartenance à un camp.
« Le droit d’être soigné est attaché à la personne, quel que soit son passé, quel que soit son camp », a-t-il assuré.
Pour la présidence, ces évacuations sanitaires illustrent la possibilité de concilier le respect des décisions de justice avec la prise en compte de la dignité humaine et de la situation médicale des personnes concernées.
Entre fermeté de l’État et exigence d’humanité
À travers les différents sujets abordés, le général Amara Camara a cherché à mettre en évidence un fil conducteur dans l’action du président Mamadi Doumbouya : la volonté de maintenir l’autorité de l’État tout en accordant une place aux considérations humaines et sociales.
La grâce accordée à 529 détenus, l’accompagnement prévu pour leur réinsertion, l’appel au respect de la mémoire de Sidya Touré et les évacuations sanitaires de deux anciens hauts responsables ont ainsi été présentés sous l’angle d’une même philosophie de gouvernance.
D’un côté, les autorités mettent en avant le respect de la loi, la discipline et la continuité des décisions judiciaires. De l’autre, elles insistent sur la solidarité, le droit aux soins et la nécessité de préparer la réintégration des personnes concernées dans la société.
Cette ligne de communication s’inscrit dans la volonté affichée par la présidence de promouvoir une République où la rigueur institutionnelle ne serait pas incompatible avec la compassion.
Une communication axée sur les priorités nationales
Au terme de cette intervention, le porte-parole de la présidence a réaffirmé la cohérence entre les orientations annoncées dans le discours du 1ᵉʳ octobre et les décisions présentées lors de la conférence de presse.
La jeunesse, la transformation des ressources naturelles, l’ordre, la discipline et l’unité nationale constituent, selon lui, les principaux piliers de cette vision.
Au-delà des déclarations officielles, les enjeux demeurent considérables : offrir davantage de perspectives à la jeunesse, transformer les richesses minières en opportunités économiques, renforcer la cohésion nationale et garantir que les mesures de clémence s’accompagnent d’une réinsertion effective.
À Camayenne, le général Amara Camara a ainsi défendu une conception de l’action publique fondée sur une double exigence : préserver l’autorité de l’État et ne pas perdre de vue la dimension humaine des décisions politiques.
Une manière, pour la présidence de la République, de rappeler que la souveraineté célébrée chaque 2 octobre ne se limite pas à un héritage historique, mais doit également se traduire, au quotidien, par des actes, des institutions et des perspectives concrètes pour l’ensemble des Guinéens.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

