Les répercussions de l’incendie qui a ravagé le grand marché de N’Zérékoré le 19 juin dernier continuent de peser lourdement sur la communauté. Près de quatre mois après le drame, des commerçants dont les échoppes se trouvent dans le périmètre sinistré poussent un cri de détresse. Toujours privés d’énergie, ils pointent du doigt une gestion inéquitable de la reconnexion électrique.
Un calvaire quotidien pour les commerçants impactés
Rencontrés ce mardi 13 octobre 2026, Souleymane Sow et Mamadou Aliou Sow ne cachent pas leur exaspération. Alors que les concessions et boutiques situées de l’autre côté de la rue ont retrouvé l’usage de l’électricité, leur zone reste obstinément plongée dans le noir, paralysant du même coup leurs activités économiques, en particulier pour ceux qui travaillent à la nuit tombée.
« On vit dans le calvaire. Parce que si on n’était pas habitué au courant, on pouvait comprendre. […] En face, nos collègues ont du courant tout autour du marché. Pourquoi pas nous ? Pourtant, on a de l’argent dans nos compteurs. Donc on a besoin qu’on nous rétablisse le courant », s’est insurgé Souleymane Sow.

Mamadou Aliou Sow, vendeur de téléphones, abonde dans le même sens et va plus loin en dénonçant des pratiques qu’il qualifie de discriminatoires.
« Après, ils ont réinstallé les gens qui étaient derrière la route, en face de nous. Et ce qu’on a appris, c’est qu’ils ont pris 200 000 [GNF] avec ceux-ci pour leur donner le courant. […] On a de l’argent dans nos compteurs, on a le droit au courant », a-t-il fulminé.
EDG confirme une consigne des autorités locales
Face à ces accusations, la rédaction s’est tournée vers le délégataire régional de l’Énergie de Guinée (EDG) à N’Zérékoré. Tamba Kamano n’a pas éludé la question, confirmant que la coupure répond à un ordre officiel émanant de la mairie.
« Après l’incendie, nous avons reçu des instructions comme quoi toutes les installations qui sont dans le périmètre du site de l’incendie sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. J’ai reçu l’instruction à travers un courrier que j’ai au bureau, dressé par le maire de la commune urbaine de N’Zérékoré. Donc, j’attends le retour des autorités », a-t-il expliqué.
Alors que les clients et les services techniques renvoient la balle vers les autorités administratives et municipales (gouvernorat, préfecture et mairie) – qui conditionneraient un rétablissement total à un aval de Conakry –, ces commerçants continuent de prendre leur mal en patience, espérant une intervention rapide pour sauver leurs activités.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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