La justice guinéenne durcit le ton face à la prolifération et à la consommation de la chicha. Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2026, une descente musclée des forces de l’ordre dans plusieurs établissements de loisirs de la commune urbaine s’est soldée par l’interpellation de 16 personnes et la saisie d’un important lot de matériels.
Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Labé, Mohamed Samoura, a fait le point sur cette offensive lors d’un point de presse tenu ce lundi 12 octobre.
Une offensive dictée par la Cour d’Appel de Conakry
Cette opération coup de poing ne relève pas du hasard, mais de l’application stricte des directives émanant des hautes instances judiciaires du pays. Elle s’inscrit dans le cadre de la lutte acharnée contre l’importation, la distribution et la commercialisation de la chicha, désormais assimilée à un produit stupéfiant par les autorités.
Lors de son intervention face aux médias, le procureur Mohamed Samoura a rappelé le fondement légal de cette vaste rafle.

« Dans le cadre de l’exécution de la réquisition N°88/PG/CAC 20206, du 21 septembre 2026 […] prise par le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, les services de police judiciaire de la gendarmerie et de la police du ressort du TPI de Labé, appuyées par les unités d’intervention des mêmes corps, ont mené des opérations d’envergure dans la nuit du 06 au 07 octobre 2026. Ces opérations ont été effectuées dans une dizaine d’établissements de loisirs », a-t-il indiqué.
16 inculpations et un lourd butin matériel
La traque des consommateurs et des promoteurs de ce produit a permis de ratisser large. Au cours de leurs fouilles dans la dizaine de maquis et boîtes de nuit ciblés, les agents ont confisqué un arsenal complet dédié à la consommation de la chicha :
- Appareils à chicha (narguilés);
- Raccords (tuyaux);
- Boîtes d’arômes;
- Pipes et pinces.
Sur le plan humain, le bilan fait état de 16 personnes interpellées, inculpées et placées en détention provisoire à la maison centrale de Labé. Les charges retenues portent notamment sur la consommation de la chicha dans des locaux à usage collectif. Le procureur a précisé que ce groupe est composé de **3 gérants d’établissements et de 13 consommateurs.
Vers la destruction des scellés
L’affaire suit désormais son cours devant les tribunaux. Les suspects devront répondre de leurs actes devant la justice, tandis que le matériel confisqué a été placé sous scellés.
« Les objets saisis seront également présentés au juge pour qu’une décision soit prise sur leur confiscation et destruction », a conclu le chef du parquet de Labé.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

