Le secteur de la pêche occupe une place stratégique dans l’économie et la vie sociale en Guinée. À l’ouverture de l’atelier de validation et d’adoption des statuts et du règlement intérieur des Associations Locales de Cogestion des Pêcheries (ALCP), organisé au Palais du Peuple, la ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime, Fatima Camara, a rappelé le poids économique et social de ce secteur, tout en plaidant pour une gestion plus inclusive et durable des ressources halieutiques.
Dans son discours d’ouverture, la ministre a souligné l’importance de la pêche dans l’économie nationale et dans la création d’emplois. Selon les données présentées, plus de 435 000 tonnes de poissons ont été mises sur le marché guinéen en 2023.
Un secteur au cœur de la vie des communautés
Pour Fatima Camara, ces chiffres traduisent surtout une réalité humaine et sociale. Derrière les statistiques se trouvent des milliers de pêcheurs, de femmes transformatrices et commerçantes, de jeunes ainsi que des familles dont les revenus dépendent directement ou indirectement des activités halieutiques.
« La pêche occupe une place importante dans la vie de notre pays. Elle contribue à notre alimentation, à notre économie, et fait vivre de nombreuses familles. Le secteur représente environ 4,5 % de notre produit intérieur brut (PIB) et génère près de 300 000 emplois directs », a-t-elle déclaré, rappelant la nécessité de placer les communautés au centre des politiques publiques consacrées au secteur.
La ministre a notamment insisté sur la fragilité des ressources halieutiques et sur la nécessité de renforcer leur protection à travers une approche participative. Selon elle, la préservation des ressources ne peut plus relever de la seule responsabilité de l’administration.
Les professionnels de la pêche, a-t-elle expliqué, disposent d’une connaissance directe de leur environnement, des zones de pêche et des réalités auxquelles les communautés sont confrontées au quotidien. Leur implication dans les processus de décision apparaît donc comme un élément essentiel d’une gestion efficace et durable des ressources.
Les ALCP, un nouvel outil de gouvernance locale
C’est dans cette perspective que s’inscrit la mise en place des Associations Locales de Cogestion des Pêcheries (ALCP). Ces structures doivent permettre de renforcer la participation des acteurs locaux à la gestion des ressources et de favoriser une meilleure prise en compte des réalités du terrain dans les décisions publiques.
« Nous parlons aujourd’hui de cogestion, mais au fond, nous parlons d’une question simple : comment faire en sorte que nos ressources puissent continuer à faire vivre nos communautés demain ? », a interrogé la ministre.
À travers cette réforme, les autorités entendent ainsi rapprocher la gouvernance des ressources halieutiques des communautés qui en dépendent, tout en encourageant une responsabilité partagée entre l’administration et les acteurs du secteur.
Préserver les ressources et protéger les revenus
Au-delà des enjeux économiques, la réforme porte donc également une dimension sociale et territoriale. La préservation des ressources halieutiques est directement liée à la sécurité alimentaire, à l’emploi et aux revenus de nombreuses familles guinéennes.
La création des ALCP s’inscrit dans le cadre des réformes engagées sous l’égide du président Mamadi Doumbouya.
L’objectif affiché est de renforcer la durabilité de la pêche artisanale tout en protégeant les moyens de subsistance des populations qui en dépendent.
Avec la validation des statuts et du règlement intérieur des ALCP, les autorités veulent ainsi poser les bases d’un modèle de gouvernance davantage participatif, dans lequel les communautés locales deviennent des acteurs à part entière de la gestion et de la préservation du patrimoine halieutique national.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

