À l’occasion de la fête nationale marquant le 68ème anniversaire de la souveraineté du pays, le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, s’est adressé au peuple guinéen dans un discours à forte portée historique et stratégique. Plaçant cette commémoration sous le signe d’un « serment », le chef de l’État a réaffirmé les fondements de la souveraineté nationale tout en traçant les contours économiques et sociaux de la Guinée de demain.
L’héritage du « Non » historique de 1958
Dès l’entame de son discours, le chef de l’État a rappelé le courage des pères fondateurs et la portée du choix opéré le 2 octobre 1958 face au système colonial. Un choix d’autonomie et de liberté qui continue d’irriguer la conscience collective nationale.
« Il y a 68 ans, un peuple s’est levé, un peuple sans armée puissante, sans richesses accumulées, sans protecteur, un peuple qui n’avait pour lui que sa dignité, son courage et sa foi en lui-même. Et ce peuple a osé dire non. Non à la soumission, non à la tutelle, non à l’humiliation, » a indiqué le chef de l’État.
Rendant hommage aux grandes figures de la résistance anti-coloniale d’Almamy Samory Touré à Alfa Yaya Diallo, en passant par Zegbela Togba Pivi et Dinah Salifou , il a souligné que la souveraineté reste un combat permanent.
« Leur combat n’était pas le passé, leur combat c’est notre présent, car la souveraineté ne s’hérite pas une fois pour toutes, elle se défend, elle se construit, elle se mérite chaque jour, » a mentionné Mamadi Doumbouya.
La jeunesse, véritable capital de la Nation
Abordant les défis démographiques actuels, alors que plus de 70 % de la population a moins de 35 ans, le président Mamadi Doumbouya a qualifié la jeunesse guinéenne de ressource prioritaire, supérieure aux réserves minières du pays.
« J’y vois la plus grande richesse de notre patrimoine national, plus précieuse que le fer de Simandou, plus précieuse que la bauxite de Boké, plus précieuse que l’or de Siguiri. Car le minerai s’épuise, mais l’intelligence, l’énergie et la volonté d’une jeunesse bien formée ne s’épuisent jamais, » a martélé le président Doumbouya
Face aux doutes et à la tentation de l’émigration clandestine, le chef de l’État a lancé un appel direct et solennel aux jeunes Guinéens.
« Tu es héritière de ceux qui ont dit non, tu es la génération qui dira oui. Oui au travail, oui à l’excellence, oui à l’ordre et à la discipline. […] Je te le dis avec la gravité de ma charge : ton avenir est ici, en République de Guinée. Ta place est ici. La République de Guinée a besoin de tes bras, de ton talent et de ton cœur, » a lancé le chef de l’État.
Capitaliser sur Simandou 2040 pour une souveraineté industrielle
Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques autour des ressources naturelles, le président a soutenu que la Guinée ne doit plus subir les choix extérieurs. C’est dans ce cadre qu’il a replacé le mégaprojet Simandou et la vision stratégique qui l’accompagne à travers le programme « Simandou 2040 » et le volet de formation Simandou Academy.
« Dans ce monde-là, une nation qui ne maîtrise pas ses richesses, qui ne forme pas ses enfants et qui ne décide pas elle-même de son destin est condamnée à subir. La Guinée ne subira plus.
Il ne s’agit pas seulement d’exploiter une mine, de construire un chemin de fer, un port et une aciérie. Il s’agit de transformer notre richesse naturelle en richesse humaine […]. C’est la souveraineté économique au service de la souveraineté politique, c’est un développement durable, responsable et surtout partagé, » a martélé le président Mamadi Doumbouya.
Insistant sur la cohésion nationale pour mener à bien ces chantiers, il a rappelé l’exigence du rassemblement.
« Je veux le co-construire avec toutes les filles et tous les fils de la République de Guinée, sans distinction d’origine, de région, d’opinion, de confession, car la Guinée n’appartient à aucun clan, » a lancé le chef de l’État.
Ordre, discipline et engagement solennel
Revenant sur les principes de la devise nationale (Travail – Justice – Solidarité), le chef de l’État a rappelé l’importance de la rigueur institutionnelle pour maintenir la stabilité du pays.
« Rien de grand ne s’est bâti dans le désordre. L’ordre et la discipline ne sont pas des contraintes, ils sont les fondations de la liberté. Un peuple discipliné est un peuple respecté, un État ordonné est un État souverain, » a souligné Mamadi Doumbouya.
Après avoir salué l’ensemble des forces vives de la nation, les forces de défense et de sécurité, le corps diplomatique ainsi que la diaspora guinéenne, le chef de l’État a conclu son discours en renouvelant son engagement devant la nation.
« Je continuerai à défendre chaque mètre carré du territoire guinéen, cette terre de nos ancêtres arrosée de leur sueur et de leur sang. Je ne céderai rien de ce qui appartient au peuple souverain de Guinée : ni sa terre, ni ses richesses, ni sa dignité.
68 ans après, le « Non » de nos pères fondateurs résonne encore. Qu’il devienne aujourd’hui le « Oui » de notre jeunesse : Oui à la République de Guinée, Oui au vivre-ensemble, Oui à l’avenir, Oui à la grandeur de notre nation, » martélé chef de l’État.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

