HOMMAGE À SIDYA TOURÉ
La tragique disparition de Monsieur Sidya Touré, ancien Premier ministre et président de l’UFR, ce vendredi 25 septembre 2026 à Paris, me laisse le cœur meurtri. Je perds un compagnon de lutte. La Guinée perd un homme de valeurs qui l’a profondément aimée.
Notre première rencontre remonte à 2003, dans le cadre de mon engagement citoyen. Nos liens se sont resserrés lorsque j’étais le premier responsable de la jeunesse de la société civile guinéenne au sein du CNOSCG, notamment pendant les mobilisations de 2006 et 2007. J’étais alors aux côtés, entre autres, de Ben Sékou Sylla, Naby Diakité et Thierno Aliou Diaouné, aujourd’hui disparus. Que leurs âmes reposent en paix.
Lorsque nous avons fondé le parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques), notre relation est devenue une collaboration constante, nourrie de confiance et de franchise. Au sein des Forces Vives, du Collectif des Partis Politiques, de l’Opposition Républicaine et d’autres plateformes, nous avons partagé les espoirs, les risques et les blessures du combat pour une Guinée démocratique.
La lutte pour une Guinée meilleure nous a réunis. Les épreuves nous ont liés pour toujours. Le massacre du 28 septembre 2009 reste la plus douloureuse de ces épreuves. De la tribune du stade jusque dans le véhicule de Toumba Diakité qui nous escortait, nous avons traversé l’horreur ensemble. Malmenés et gravement blessés, nous nous tenions les uns aux autres, avec l’ancien Premier ministre Lounceny Fall. La mort était tout près. Cette solidarité dans la terreur reste gravée en moi.
Je garde aussi le souvenir des négociations d’Abuja 1 et 2 et d’Ouagadougou 1 et 2, organisées par la CEDEAO et le président du Burkina Faso entre nous, représentants des Forces Vives, et le CNDD. Je me souviens de nos longues réunions et de nos conversations plus intimes, à la Minière, à Coléah, à Paris ou ailleurs, ainsi qu’au téléphone. Au cœur de nos échanges revenait toujours la même préoccupation : la Guinée, son avenir et ce que nous pouvions encore lui donner.
Sidya Touré alliait compétence, expérience, vision et mesure. Même dans l’adversité, il gardait son calme. Il reconnaissait le talent, encourageait les compétences et savait transmettre. Grand serviteur de l’État, homme d’État accompli, entrepreneur à succès et dirigeant politique engagé, il a laissé une empreinte indélébile en Guinée comme en Côte d’Ivoire.
Il avait tant donné. Il voulait encore servir. Puissions-nous honorer sa mémoire à la hauteur de son engagement. Puissions-nous surtout faire vivre ce qu’il nous laisse : l’exigence de compétence et de rigueur, la constance dans les convictions et l’amour du pays. À sa famille, à ses proches, à ses compagnons de l’UFR ainsi qu’aux peuples de Guinée et de Côte d’Ivoire, j’adresse mes condoléances les plus attristées.
Qu’Allah, le Sage et le Juste, lui accorde Sa miséricorde, l’accueille au Firdaws et donne aux siens la force de traverser cette immense douleur.
Dors en paix, cher Président !
Dr. Mouctar Diallo

