La mort demeure la seule certitude à laquelle nul ne peut soustraire son destin. Cependant, les circonstances du décès de Monsieur Sidya Touré révèlent une facette sombre de l’histoire de notre pays, une réalité dont aucun Guinéen ne saurait tirer fierté.
contraint à l’exil en raison de ses engagements politiques, il s’en est allé le cœur lourd d’amertume. Cet homme d’État d’exception, ancien Premier ministre et figure majeure de notre échiquier politique, ne méritait pas un tel sort. Aujourd’hui, mon cœur se serre de tristesse pour la Guinée.
J’adresse mes condoléances les plus émues à sa famille biologique, à ses compagnons de lutte ainsi qu’à l’ensemble des Guinéens épris de paix et de justice.
Je me remémore notre dernier échange au sujet de la situation politique nationale. Soucieux de me transmettre la force de surmonter les épreuves du moment, il m’avait fixé du regard avant de me confier : « J’ai été arrêté à 16 ans, lorsque j’étais au collège, puis emprisonné aux 32 escaliers du Camp Alpha Yaya pour avoir participé à une manifestation d’élèves en soutien à nos enseignants grévistes. C’est après ma libération que j’ai emprunté le chemin d’un long exil en Côte d’Ivoire. À votre jeune âge, je vous encourage à reprendre le flambeau de la lutte pour les libertés, car nous, nous sommes vieux maintenant et plus proches de la mort. C’est notre pays, on ne peut pas l’abandonner et le laisser dans cet état. »
Ces paroles ont profondément résonné en moi. Elles ont ravivé ma détermination à demeurer fidèle à mes valeurs et à mes convictions, quels que soient les sacrifices imposés par cet engagement envers notre patrie.
Le Président Sidya Touré demeurera gravé dans notre mémoire collective comme ce grand frère et guide qui aura aimé la Guinée jusqu’à son dernier souffle.
Que son âme repose en paix. Amin.
Ibrahima Diallo

